Indonésie: Les avocats des «trois de Poso» exécutés saisiront la Cour pénale internationale

L’étrange attitude du pouvoir avant et après les exécutions

Djakarta, 13 octobre 2006 (Apic) Les avocats des trois catholiques exécutés le 22 septembre à Célèbes, en Indonésie, disent vouloir porter l’affaire devant la Cour pénale internationale (CPI), indique Eglises d’Asie.

Lors d’une conférence de presse organisée à Djakarta, ils ont qualifié les exécutions d’illégales et d’inconstitutionnelles. Selon eux, Fabianus Tibo, Marinus Riwu et Dominggus da Silva n’ont pas perpétré les crimes qui leur ont été reprochés et leur exécution a été «un drame humain et juridique».

Les avocats ont agi au nom d’un collectif désigné selon son acronyme en indonésien, Padma Indonesia (Service pour la justice et la paix en Indonésie), présidé par un prêtre catholique Norbert Bethan, et coordonné par Stefanus Roy Rening, principal avocat des trois hommes exécutés .

Selon Padma Indonesia, le président de la République d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, s’est rendu coupable de crime contre l’humanité en n’empêchant pas l’exécution des trois de Poso. «Le jugement prononcé contre eux est mauvais car il n’a pas été librement et honnêtement rendu», peut-on lire dans la déclaration des avocats. Selon les responsables du collectif, les exécutions ont été menées de manière inhumaine et contraire aux usages civilisés reconnus par l’Indonésie.

Plus précisément, un décret présidentiel de 1964, au sujet des procédures liées à l’application de la peine de mort, n’a pas été respecté. Ainsi, les avocats des trois hommes n’ont pas pu avoir communication du décret commandant les exécutions. De même, ils n’ont pas pu voir leurs clients dans les jours qui ont précédé la date fatidique. Enfin et surtout, les dernières volontés des trois hommes n’ont pas été acceptées par les autorités.

Selon Padma Indonesia, les trois hommes ont exprimé le souhait de transmettre publiquement un message au président de l’Indonésie avant leur mort et que plusieurs prêtres ainsi que le médiateur de la République assistent à leur exécution. Les trois hommes avaient souhaité qu’après leur mort leurs dépouilles soient transportées à l’église Sainte-Marie de Palu et que l’évêque de Manado y célèbre une messe de requiem. Requêtes qui ont été rejetées par les autorités.

Padma Indonesia souligne enfin que le refus des autorités de remettre aux familles les corps des trois fusillés peu après l’exécution constitue une violation des lois indonésiennes et de la dignité humaine. (apic/eda/pr)

13 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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