Indonésie: Ouverture du 5e Forum économique islamique mondial
Les banques islamiques font «mieux» face à la crise
Jakarta, 2 mars 2009 (Apic) Le 5e Forum économique islamique mondial, qui se tient du 2 au 3 mars, s’est ouvert lundi à Jakarta sous les auspices du président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono et en présence de plus de 1’500 représentants de 38 pays et de 90 chefs d’entreprise. Le président indonésien a lancé à cette occasion un appel pour que les banques islamiques prennent un rôle d’avant-garde dans l’économie globale frappée par la crise.
Susilo Bambang Yudhoyono a estimé qu’il était temps pour les banques islamiques de faire «un peu de travail missionnaire» dans les pays occidentaux. Le président indonésien a relevé que ces banques n’ont pas encore été atteintes aussi durement que leurs banques occidentales, parce qu’elles n’investissent pas dans des produits toxiques».
Les banques islamiques sont tenues de respecter la loi islamique, qui exclut notamment l’intérêt usuraire, interdit par la charia. Ce mode de procéder, estiment les milieux musulmans, est moins centré sur le profit que les banques traditionnelles, et les banques islamiques sont plus attentives aux communautés avec lesquelles elles travaillent.
La demande pour des produits financiers islamiques est en augmentation depuis des années dans le monde musulman, mais le président Yudhoyono affirme que désormais nombreux sont ceux en Occident qui désirent apprendre de ces banques. Pour les musulmans pratiquants, s’adapter aux pratiques bancaires internationales revient à trahir les préceptes du Coran. La charia, la loi islamique, interdit strictement la perception de taux d’intérêt, l’argent devant être généré par le travail et non par l’argent lui-même.
Sur le thème «sécurité alimentaire et énergétique»
Le forum a thème «sécurité alimentaire et énergétique» et vise à contenir «la marée de la crise financière globale». Il veut faciliter la communication afin de résoudre des questions économiques importantes en établissant le dialogue par le biais de partenariats d’affaires entre entrepreneurs musulmans ainsi qu’entre hommes d’affaires musulmans et non musulmans.
Le président indonésien a souligné que le monde continuait à observer des signaux alarmants comme le rétrécissement du marché, la diminution des exportations, la baisse du taux de croissance, le plongeon de la production industrielle, le déclin de la richesse, le capital qui s’envole «on ne sait où» et l’évaporation des emplois.
Le président Yudhoyono a souligné que la crise financière mondiale n’était qu’une des inquiétudes dans le monde, parmi d’autres défis urgents auxquels il faut faire face, notamment les changements climatiques et la sécurité alimentaire et énergétique. Il a demandé aux musulmans et non-musulmans «de se donner la main pour surmonter la crise en adoptant de bonnes mesures politiques et une détermination inflexible». Il a plaidé pour la mise sur pied d’un «Fonds mondial islamique de soutien» pour aider les économies en développement et émergentes à atteindre leurs objectifs de développement. Ce fonds permettrait aux pays musulmans les moins développés d’être directement bénéficiaires de la disponibilité de réserves assez importantes se trouvant dans les mains de pays musulmans exportateurs du pétrole. (apic/xin/bbc/be)




