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Indonésie: Un influent parti islamiste se mobilise pour séduire les jeunes
Djakarta, 18 février 2009 (Apic) Indonésie: Un influent parti islamiste se mobilise pour séduire les jeunes, le «Parti de la Justice et de la Prospérité» (Partai Keadilan Sejahtera, PKS), l’un des partis les plus conservateurs mais non moins dynamique d’Indonésie, n’a pas hésité à se lancer dans une grande campagne de séduction en direction des jeunes. Il cherche en effet à redorer son image dans le but de rallier un électorat plus jeune.
Il voulait ainsi offrir, le 14 février, des roses et des petits cadeaux avec des tasses portant la photo de ses candidats. En Indonésie, la Saint-Valentin est fêtée avec enthousiasme, particulièrement par les jeunes, qui, le regard tourné vers l’Occident, choisissent ce jour pour offrir fleurs et chocolats à l’élu(e) de leur coeur.
Mais, après avoir annoncé son projet de campagne une semaine avant la fête des amoureux, le PKS a déclaré, tout aussi précipitamment, en avoir abandonné l’idée, avançant le prétexte que la fête était «issue de la culture juive». L’association de la Saint-Valentin à «la culture juive» n’est pas nouvelle en Indonésie, pays où le judaïsme ne figure pas parmi les religions reconnues par l’Etat et souffre d’une mauvaise image. Les religions reconnues par l’Etat indonésien sont au nombre de six: islam (87% de la population), bouddhisme (1%), hindouisme (2%), catholicisme (3%), protestantisme (7%) et confucianisme.
«Nous ne voulons pas célébrer quoi que ce soit qui ne soit pas dans la droite ligne de l’islam», annonçait le 10 février, à la presse locale, le président du PKS, Titaful Sembiring, dans une volte-face remarquée. Le 12 février 2008, Buya Mas’oed Abidin, président pour Sumatra-Ouest du Conseil des oulémas indonésiens (Majelis Ulama Indonesia, MUI), la plus haute instance islamique du pays, avait vu en la Saint-Valentin une «conspiration mondiale du capitalisme juif».
Cette fête est en effet de plus en plus fustigée par certaines instances islamiques, à l’image de ce qui se passe dans le reste du monde musulman, où la Saint-Valentin est perçue comme favorisant les fréquentations amoureuses avant le mariage. En Arabie Saoudite, en Egypte, au Pakistan, ou encore en Malaisie, des manifestations anti-Saint-Valentin ont lieu chaque année, encadrées par les fondamentalistes religieux rappelant que la fête est «haram» (interdite) dans l’islam.
Le choix de cette campagne inhabituelle était d’autant plus surprenant qu’il émanait d’un parti qui oeuvre activement pour l’adoption d’une très controversée loi anti-pornographie, relève «Eglises d’Asie», l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP).
Si celle-ci était votée par le Parlement indonésien, seront interdits tous les actes ou attitudes qui «offensent la moralité publique» et «incitent au désir sexuel», termes vagues qui font craindre aux diverses associations et mouvements, aux groupes de défense des droits de l’homme et aux organisations chrétiennes, de graves atteintes aux libertés fondamentales et aux particularités culturelles de ce pays plurireligieux. (apic/eda/be)



