Plus de sept morts à Ambon

Indonésie: Une fête de la réconciliation se transforme en émeutes dans l’île des Moluques

Ambon, 17 mai 1999 (APIC) Des musulmans et des chrétiens se sont à nouveau affrontés violemment samedi dans la ville indonésienne d’Ambon sur les îles Moluques. Sept personnes ont perdu la vie. La journée avait pourtant bien commencé par une cérémonie de paix et de réconciliation- Elle a tourné finalement à l’émeute lorsque un musulman, a refusé ostensiblement, comme il était convenu, de transmettre son flambeau à un chrétien.

Ce geste a mis le feu aux poudres et comme il arrive souvent quand il y a des affrontements, l’armée a alors tiré sur la foule. Outre les sept personnes tuées, plus de 10 autres ont été gravement blessées. Pour la première fois à Ambon, musulmans et chrétiens, pour en finir avec les affrontements, avaient organisé ensemble une fête de paix et de réconciliation.

Depuis le début des troubles sanglants en janvier 99, plus de 300 personnes ont été tuées. De plus de 30’000 autres sont en fuite. Plus de 3’000 maisons et des dizaines d’églises et de mosquées ont été en outre incendiées.

En mars dernier, quelque 2’000 manifestants avaient défilé dans les rues de la capitale indonésienne Djakarta et lancé un appel à la guerre sainte contre les chrétiens. Les islamistes accusent les chrétiens «d’épuration ethnique» à Ambon, une région à prédominance chrétienne dans les îles Moluques.

Depuis la chute de Suharto, un gouvernement central davantage musulman

La violence entre chrétiens et musulmans en Indonésie – le plus grand pays musulman du monde – a augmenté considérablement depuis la chute du dictateur Suharto en mai de l’année dernière. Des troubles interreligieux ont éclaté dans la capitale Djakarta en novembre dernier déjà. Depuis janvier, plus de 300 personnes sont mortes sur l’île d’Ambon lors d’émeutes menées par des bandes de jeunes chrétiens et musulmans s’affrontant au sabre, au couteau et à coups de gourdins dans un pays qui passait récemment encore pour un exemple de coexistence interreligieuse.

Une des causes majeures du mécontentement de la population chrétienne d’Ambon vient du fait que le gouvernement central apparaît de plus en plus ouvertement musulman à ses yeux. L’ancien président Suharto avait nommé un certain nombre de chrétiens dans son cabinet et parmi les responsables militaires, et les musulmans s’estimaient sous-représentés dans les sphères du pouvoir. Cette situation a été inversée depuis l’arrivée aux affaires du président Habibie, provoquant des craintes au sein de la petite minorité chrétienne. La crise économique qui a paupérisé des millions de personnes a encore déstabilisé une situation sociale déjà explosive, encore aggravée par la politique de migration interne qui a déplacé des populations entières et provoqué l’hostilité de populations indigènes qui vivaient jusque-là, comme à Ambon, en parfaite harmonie. (apic/kna/be/ba)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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