Depuis qu’il a prêté serment comme président, le 28 juillet 1990, Alberto Fujimori n’a jamais fait un seul pas en arrière. Jusqu’à samedi soir. La disparition du > – ainsi appelé par les Péruviens lorsque ceux-ci ne le nomment pas > – de la scène politique sera certainement sans retour. Un terrible échec, pour cet homme qui passe pour être avide de pouvoir, ce fils d’immigrés japonais qui avait créé la surprise aux élections de 1990, contre l’écrivain Vargas Llosa. Parfait inconnu, l’ingénieur agronome de 62 ans tenait depuis lors le pays d’une main de fer, imposant sa volonté à la manière d’un dictateur, avec Vladimiro Montesinos, l’homme de l’ombre, l’homme des services secrets par qui le scandale a éclaté.

Inflation jugulée et terrorisme décapité

Avec l’inflation qui a atteint 2’776% en 1989, à l’époque du gouvernement Garcia, Fujimori s’est immédiatement donné la lutte contre la subversion comme priorité. Trois succès sont à mettre à son actif: l’accord territorial entre l’Equateur et le Pérou; l’inflation, qui ne dépasse guère 8% aujourd’hui; la guérilla et le terrorisme: le MRTA est décapité, le Sentier Lumineux, même s’il opère encore et toujours dans les régions andines et en Amazonie, est moribond et ses principaux chefs enfermés, comme Abimaël Guzman.

Au plan social, et sur la question des droits de l’homme, la situation se présente sous un jour beaucoup moins favorable. Le > de Fujimori en faveur d’une politique néo-libérale a laissé des millions de Péruviens sur le carreau. Au point que le pays compte sans doute plus de 70% de pauvres. Une véritable bombe à retardement, si l’on songe que la délinquance n’a jamais été aussi grande et aussi redoutable qu’aujourd’hui.

Au pouvoir depuis 10 ans, le président Alberto Fujimori a bafoué la Constitution près d’une dizaine de fois, gouverné à coups de décrets-lois, avant de procéder, par le biais d’un auto-coup d’Etat, à la dissolution du Congrès et de la Cour suprême en 1992. Le bilan de ces dix dernières années ne plaide guère en faveur de la >. Celui de ces derniers mois est encore pire:

19 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!