Colombie: Des fonds gelés menacent des projets destinés aux personnes déplacées

Inquiétant: 20 millions de dollars bloqués et assassinat de deux humanitaires

Bogota, 9 octobre 2009 (Apic) Des fonds humanitaires destinés aux personnes déplacées en Colombie en raison de la guerre, sont actuellement bloqués.

L’urgence humanitaire la plus grave du continent américain – qui touche de trois à quatre millions de Colombiens déplacés par la guerre – risque de connaître un nouveau coup dur avec la suspension des projets d’assistance mis en place par l’organisme Convenio Andrés Bello (Cab), affirment l’antenne locale du Haut commissariat aux réfugiés (Hcr) de l’Onu et le bureau de l’Ombudsman national.

Selon ces ONG, les populations indigènes et afro-colombiennes bénéficiaires des initiatives humanitaires du Cab – fondé en 1970 dans le cadre de l’intégration régionale et qui regroupe 13 pays latino-américains – en seront les premières victimes.

Le secrétariat général du Cab avait annoncé en août la révision de plusieurs de ses projets et gelé le paiement de près de 20 millions de dollars destinés à 200 projets gérés par la présidence de la République colombienne, certains ministères et des dizaines d’instances locales.

Le gel des financements met à présent en péril les activités de deux Maisons des Droits (Casas de los Derechos), qui distribuent des aides à des milliers de personnes déplacées, et d’une quinzaine de dirigeants communautaires qui prennent en charge les civils dans 14 régions, ainsi que les initiatives promues par le Hcr pour aider l’Ombudsman à développer des politiques publiques visant à assurer les droits des personnes contraintes de quitter leurs foyers sous la pression des groupes armés.

Pendant ce temps, indique pour sa part l’Agence Misna, l’antenne du Hcr en Équateur dénonce l’assassinat de deux dirigeants de la société civile engagés dans la protection des réfugiés à la frontière amazonienne de la Colombie, à Barranca Bermeja, dans la province de Sucumbíos.

Le Hcr considère les meurtres de Miguel Lapo et Miguel Pinzón sont une «atteinte à la paix» contre des défenseurs des droits des réfugiés présents dans la zone frontalière septentrionale et des communautés limitrophes du fleuve San Miguel. D’après les premières hypothèses des enquêteurs, il s’agirait de meurtres commandités depuis la Colombie mais les informations relatives aux circonstances des faits sont encore peu nombreuses. (apic/misna/ag/pr)

9 octobre 2009 | 11:11
par webmaster@kath.ch
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