Corée du Sud: Bagarre entre Eglises et gouvernement sur les cours d’eau du pays

Inquiétudes sur les conséquences pour l’environnement

Tokyo, 2 août 2010 (Apic) Un centre environnemental sud-coréen lié à l’Eglise appelle les chrétiens du monde à prier pour protéger les quatre principaux cours d’eau du pays des projets de développement du gouvernement.

«Nous appelons instamment nos sœurs et frères chrétiens dans le monde entier à prier avec nous pour empêcher la destruction des écosystèmes de la Corée du Sud et pour sauvegarder la création de Dieu», a indiqué le Centre du mouvement de l’éco-communauté de l’Eglise presbytérienne de la République de Corée, dans un communiqué cité par l’Agence ENI.

Un moine bouddhiste coréen s’est immolé par le feu fin mai pour protester contre ce projet de développement, qui, selon ses détracteurs, ravagera l’environnement et les écosystèmes dans les zones concernées.

Dans une note rédigée avant son décès, le vénérable Munsu demandait au gouvernement du président Lee Myung-bak de «mettre immédiatement fin au projet pour les rivières et de faire de son mieux pour être au service des pauvres, et non pas des riches», indique pour sa part le site web de l’agence catholique asiatique UCANews.

Ce projet de 19 milliards de dollars a été lancé par le gouvernement en novembre. Il vise à réaménager quatre fleuves, le Han, le Nakdong, le Geum et le Yeongsan. Selon Séoul, ce projet national est nécessaire pour mieux gérer les sécheresses et les inondations qu’entraînent les changements climatiques, ainsi que la pollution.

«Le gouvernement n’a ni consulté la population, ni suivi les procédures adéquates d’études techniques et d’évaluation des conséquences sur l’environnement», déplore aujourd’hui l’organisation presbytérienne. «Dans les milieux religieux et scientifiques, tout comme parmi les citoyens ordinaires, beaucoup de gens s’inquiètent et s’opposent vigoureusement au projet.»

D’après le centre environnemental, les écosystèmes subaquatiques sont menacés par le dragage et la canalisation artificielle des fleuves. «Une rivière n’est pas seulement un réservoir d’eau, mais aussi un espace de vie où des espèces diverses et précieuses vivent en symbiose», indique le groupe. «Les écosystèmes qui sont détruits ne peuvent pas être réhabilités du jour au lendemain».

Le gouvernement affirmé sur son site web que ce projet vise à «créer de nouveaux emplois et à promouvoir les économies locales au moyen de la restauration des voies fluviales, la construction de parcs écologiques, la création de ceintures touristiques et la promotion des festivals locaux». (apic/eni/pr)

2 août 2010 | 16:54
par webmaster@kath.ch
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