Pakistan: Alarme parmi les chrétiens après une recrudescence des accusations de blasphème

Instrument de vengeance personnelle ou d’oppression des minorités

Karachi, 28 novembre 2013 (Apic) Le nombre de dénonciations contre des chrétiens pour des cas de blasphèmes contre l’islam est en recrudescence au Pakistan. Selon les sources locales, citées par l’agence missionnaire Vaticane Fides, quatre cas ont été recensés en un peu plus d’un mois soit quatre fois plus que la moyenne mensuelle enregistrée au cours des deux dernières années.

Si quelques cas fortement médiatisés ont provoqué une prise de conscience dans la population, y compris chez les responsables musulmans, cela n’a semble-t-il pas eu d’incidence sur le nombre des accusations.

Selon les responsables des Eglises locales, les accusations sont la plupart du temps manifestement fausses. Ce fait confirme que la loi contre le blasphème est utilisée comme instrument de vengeance dans des controverses privées ou comme moyens de frapper les minorités religieuses.

Quatre cas typiques ont été enregistrés dernièrement. A la fin du mois d’octobre, Arif Masih et Tariq Masih ont été obligés de se cacher suite à une plainte. Les accusateurs voulaient se venger du fait qu’un lot de feux d’artifices vendu par les deux chrétiens dans leur magasin de Wazirabad, au Pendjab, pour un mariage musulman, n’avaient pas fonctionné.

Quelques jours plus tôt à Faisalabad, deux étudiants musulmans ont dénoncé une chrétienne de 50 ans pour avoir brûlé des pages du coran. Il s’agissait en réalité d’un manuel scolaire en langue arabe.

Le 8 octobre, le pasteur protestant Adnan et deux fidèles, Arfan et Mushtaq Masih, résidant à Lahore, ont été formellement accusés de blasphème. Selon l’accusation, les trois hommes auraient écrit et prononcé des commentaires méprisants sur l’islam en parlant du texte «Pourquoi nous sommes devenus musulmans» écrit par un responsable musulman extrémiste.

Un autre cas a été enregistré à l’encontre d’Asif Parvaiz à Lahore le 25 septembre Selon le rapport de la police, le chrétien en question aurait envoyé à une connaissance un SMS qui insultait l’islam, le coran, les musulmans et le prophète Mahomet.

Enfin, il faut rappeler que, le 23 septembre, dans la ville de Karachi, des milliers de musulmans, instigués par un prétendu blasphème, ont mis à sac le quartier chrétien de Michael Town. A cette occasion, les maisons de plus de 300 familles chrétiennes ont été dévastées et incendiées. (apic/fides/mp)

28 novembre 2013 | 14:55
par webmaster@kath.ch
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