Intégrer plutôt qu’exclure !
Vaud: L’EPER rejette l’initiative populaire «contre l’immigration de masse»
Lausanne, 13 janvier 2013 (Apic) L’Entraide Protestante Suisse (EPER) dit «non» à l’initiative populaire «contre l’immigration de masse» soumise au peuple le 9 février prochain. L’EPER condamne dans un communiqué du 13 janvier 2014 cette initiative discriminante et xénophobe attisant dans la population des peurs de surpopulation et d’emprise étrangère. Pour l’EPER, ce dont a besoin la Suisse, c›est d’une politique de migration et d’intégration constructive, réaliste et orientée vers l’avenir, qui doit viser à intégrer plutôt qu’à exclure.
L’UDC parle de «masses» mais l’immigration concerne des personnes, rappelle l’EPER dans son communiqué. «Si l’initiative populaire était acceptée, une grande partie de la population étrangère serait juridiquement précarisée car les droits de séjour, de regroupement familial et de sécurité sociale seraient limités».
Or, pour l’œuvre d’entraide, le droit à fonder une famille et celui de déposer une demande d’asile sont des droits humains qui ne peuvent être limités. «La protection des personnes en danger ne peut être réglée avec des quotas et les droits humains ne peuvent être contingentés. De plus, l’introduction de tels contingents d’étrangers aurait finalement pour conséquence une hausse du travail au noir et de la migration irrégulière, ce qui n’est pas dans l’intérêt de la Suisse», argumente l’EPER.
Une réponse inadaptée
«L’initiative contre l’immigration de masse de l’UDC n’apporte aucune solution efficace aux défis actuels posés par l’immigration», poursuit le texte. «En Suisse, de nombreuses personnes migrantes sont intégrées avec succès au monde du travail et contribuent dans une large mesure à la prospérité helvétique. Leur bagage culturel varié constitue un enrichissement pour la vie sociale du pays. Le maintien du bien-être et de la qualité de vie des Suisses dépendra à l’avenir de l’immigration».
Selon l’EPER, la question n’est pas de savoir comment empêcher les personnes d’immigrer en Suisse mais plutôt de concevoir une politique migratoire plus appropriée et d’intégrer les nouveaux arrivants en Suisse. «L’initiative de l’UDC qui prône l’exclusion ne répond pas aux enjeux politiques et sociaux de notre temps ; la Suisse a besoin d’une politique de migration et d’intégration qui tient compte de la réalité».
Le mythe de l’immigration de masse
Malgré son fort taux d’étranger par rapport aux pays européens (23,3%), la Suisse contrôle bien l’immigration et ne subit aucune immigration de masse incontrôlée. A l’heure de la libre circulation des personnes, le droit de séjour en Suisse d’une personne étrangère est lié à l’existence d’un contrat de travail. L’immigration en provenance de l’Union européenne se développe en fonction des besoins en main-d’œuvre, notamment dans les domaines de la santé, de l’hôtellerie et du bâtiment.
Cette immigration est donc directement influencée par la demande sur le marché du travail intérieur. «Une limitation massive aurait de lourdes conséquences pour notre économie et notre bien-être», conclut l’EPER. (apic/com/cw)



