«Interdire tout signe religieux dans l’espace public est contraire à une vraie anthropologie»
Rome: Mgr Mamberti s’oppose à l’interdiction des signes religieux dans l’espace public
Rome, 11 mai 2010 (Apic) – Dans le cadre du 40e anniversaire des relations diplomatiques entre le Canada et le Saint-Siège, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats au Saint-Siège à Rome, a soutenu que «la dimension publique de la religion» était une «contribution au bien commun», le 11 mai 2010.
«Lorsqu’on veut empêcher ou interdire tout signe religieux dans l’espace public, c’est contraire à une vraie anthropologie», a affirmé Mgr Mamberti. «C’est dans la nature même de l’homme que de poser des signes, et il le fait à tout moment même sans s’en apercevoir», a poursuivi le haut prélat. Ces propos interviennent alors que l’Italie est confrontée au problème de la présence des crucifix dans les écoles publiques et la France au problème du port de la burqa. S’exprimant sur le thème de «la religion dans la sphère publique: une perspective internationale», Mgr Mamberti s’est dit convaincu que «la dimension publique de la religion n’était pas une oppression», mais qu’elle devait apporter, «si elle est bien comprise, une contribution au bien commun».
La «conception de la dimension sociale et nécessaire de la religion n’est d’ailleurs pas spécifiquement chrétienne et est consacrée par les textes internationaux en matière de liberté religieuse», a rappelé le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Faisant référence aux textes internationaux, notamment au Traité de Lisbonne (2007) qui reconnaît «la dimension publique de la foi», Mgr Mamberti a expliqué que la présence de la religion dans l’espace public prenait des formes variées en fonction des époques et des pays.
L’espace public, un «lieu aseptisé»
«Dans les sociétés sécularisées d’aujourd’hui, on veut parfois exclure totalement la religion, au nom d’une certaine conception de la laïcité, comme si l’espace public était un lieu aseptisé dont la pureté serait susceptible d’être troublée par la religion», s’est ensuite désolé le prélat français. Pourquoi «les autres convictions philosophiques ou morales, par exemple, auraient-elles droit de cité et pas la foi ?», s’est-il interrogé. En outre, Mgr Mamberti a rappelé que «si l’on s’oppose à l’intervention des Eglises dans le problème du respect de la vie, en revanche on se félicite de leurs prises de position en matière de développement ou de désarmement». Evoquant l’action du Saint-Siège en faveur de la reconnaissance de la liberté religieuse, en particulier dans le cadre des organisations internationales, Mgr Mamberti a rappelé qu’en 2003 avait été instauré le terme «christianophobie», dans la résolution de la 3e commission de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. A ses yeux, la christianophobie se caractérise par un certain nombre de comportements qui se retrouvent à 3 niveaux: la désinformation au sujet des chrétiens, notamment dans les médias; l’incohérence et la discrimination subie par les chrétiens; les violences et la persécution. (apic/imedia/lb/fb)



