Coup de projecteur sur les Eglises protestantes de Suisse
Interlaken: Assemblée plénière de la Conférence centrale les 16 et 17 mars
Interlaken, 20 mars 2007 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a tenu son assemblée plénière de printemps les 16 et 17 mars à Interlaken, à l’invitation de l’Eglise nationale catholique romaine du canton de Berne. Les délégués ont pu découvrir plus en profondeur la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), sa mission, sa composition, son organisation et son financement.
Quand bien même le domaine de compétence de la FEPS est beaucoup plus vaste que celui de la RKZ – laquelle n’est pas appelée à s’exprimer sur des questions de foi, de pastorale, de politique sociale ou d’éthique – il existe de nombreux parallèles entre les deux organisations. Cela est dû notamment aux structures fédéralistes et au mode de décision démocratique qui les caractérisent toutes les deux.
En ce qui concerne la composition de la FEPS, le directeur de son secrétariat, le pasteur Theo Schaad, a expliqué qu’elle rassemble 26 Eglises membres représentant près de 1’150 paroisses. L’assemblée des délégués, composée de 70 représentants, assume les tâches de l’organe «législatif». Quant au conseil exécutif de la FEPS, formé de neuf personnes, il a à sa tête un président à plein temps tandis que les autres membres exercent leur fonction à temps partiel.
Le budget de la FEPS est d’environ 8 millions de francs, dont 2,2 millions obligatoirement affectés à des subsides pour les missions, les Eglises suisses à l’étranger, etc. Dans son évocation de la collaboration de la FEPS au niveau oecuménique, le président du Conseil de la FEPS, le pasteur Thomas Wipf, a souligné l’importance considérable que revêt l’oecuménisme au quotidien. Du côté catholique, les organisations ecclésiastiques cantonales participent pour une part considérable à ce travail de collaboration.
Au niveau suisse, le principal partenaire de discussion de la FEPS est la Conférence des évêques suisses. Cependant, au niveau des projets oecuméniques et de leur financement, ainsi que dans les questions touchant le droit public ecclésiastique et le domaine administratif, une coopération existe également avec la RKZ. Tant du côté de la FEPS que de celui de la Conférence centrale, le souhait est exprimé que ces liens continuent à être développés, cela en incluant la Conférence des évêques et en tenant compte des différences de répartition des compétences.
Des comptes annuels réjouissants
Grâce à un renforcement de la solidarité financière des membres de la RKZ dans le domaine du financement des activités de l’Eglise catholique menées à l’échelon national et au bon déroulement de la transition à la nouvelle clé de répartition des contributions des membres, des comptes réjouissants ont pu être présentés.
Le diocèse de Lugano a contribué pour une grande part à ce résultat en augmentant de manière significative sa participation. Ainsi, la réserve du cofinancement qui sert à compenser des baisses de recettes dans les années difficiles a augmenté de quelque 286’000 francs pour rejoindre le niveau de 2005. En outre, une attribution de 100’000 francs a pu être faite au Fonds de financement de projets et d’innovations.
Migratio
En ce qui concerne le nouveau modèle de financement de migratio dont s’occupe intensément et de longue date la Conférence centrale, il a été constaté que les organisations ecclésiastiques cantonales étaient prêtes à suivre dans une très large mesure les recommandations émises pour 2008, si bien que le montant cible de 1,72 million de francs prévu pour 2008 devrait être atteint à 100’000 francs près. En revanche, elles se montrent beaucoup plus réservées en ce qui concerne les augmentations planifiées pour les années 2009/10. Pour que le nouveau modèle puisse entrer en vigueur dès janvier 2008, deux mesures sont indispensables dans l’immédiat, à savoir arrêter des décisions en matière de priorités pastorales et créer un cadre juridique pour les nouvelles structures régionales prévues.
En vertu de la loi sur le droit d’auteur, les Eglises sont tenues au paiement de redevances de droit de propriété intellectuelle à la SUISA pour l’exécution d’oeuvres de musique sacrée protégées par le droit d’auteur. Celles-ci se montent à 10,5 centimes par fidèle, ce qui représente une somme globale de plus de 300’000 francs par an. Jusqu’ici, ces indemnités étaient versées à l’échelon cantonal. Saisissant l’occasion d’un renouvellement du tarif applicable, la RKZ a décidé de centraliser le financement des redevances à l’échelon national. Ce faisant, elle escompte également renforcer la position de l’Eglise catholique en Suisse dans les relations avec les sociétés de gestion de droits d’auteur.
Centre de compétence des organisations ecclésiastiques cantonales
Dans le cadre du projet «Conférence centrale 2015», qui a pour mission d’analyser l’adaptation des structures et des prestations assurées par la RKZ au contexte général actuel, les délégués ont débattu de la proposition d’un positionnement plus marqué de la Conférence centrale en tant que «centre de compétence des organisations ecclésiastiques cantonales». Les tâches principales sont définies comme suit: la promotion des échanges et de la collaboration entre les membres, le dialogue et la coopération avec la hiérarchie ecclésiastique à l’échelon suisse, le financement de tâches pastorales, l’observation des évolutions qui se dessinent aux niveaux social et ecclésial, et enfin la défense des intérêts communs. La mise en oeuvre par étapes de ce projet, qui implique une révision des statuts et du règlement d’organisation, est appelée à démarrer en 2008. Dans ce contexte, une augmentation mesurée de l’effectif du personnel du secrétariat est envisagée. Depuis de nombreuses années, il n’est formé que de deux personnes occupées à plein temps, alors que la complexité des tâches n’a cessé d’augmenter et que ce phénomène est destiné à perdurer. (apic/com/dk/bb)



