Le père Ciro Benedettini invite à ne point négliger le papier imprimé

Internet: La nouvelle chaire exige des religieux de la compétence et du professionnalisme

Rome, 17 janvier 2002 (APIC) Il faut être présent sur Internet, afin de savoir parler à tout le monde, en surmontant la mentalité «en papier», mais il faut en même temps maintenir une présence significative dans les médias les plus traditionnels, estime le Père Ciro Benedettini, passionniste, sous- directeur de la salle de presse du Saint-Siège.

«Internet, explique le Père Benedettini, est la nouvelle frontière de la communication, mais non pas la seule. Je ne voudrais pas que pour donner de la place à Internet on abandonnât expéditivement les autres moyens de communication, à commencer par le papier. Ce serait une erreur. Il faut assaillir l’opinion publique de plusieurs côtés, par tous les moyens. Certes, au point de vue quantitatif, la présence des Congrégations religieuses sur Internet, du moins masculines, commence à être considérable. Les Congrégations féminines, par contre, sont beaucoup plus timides».

Sur le plan extérieur, il existe «des sites magnifiques, modernes, au contenu souple, au graphisme attrayant», mais d’autres, «trop» d’autres, «sont encore des sites d’amateur, confiés à la bonne volonté de certains membres de l’Institut, passionnés d’Internet. Il y a encore beaucoup à faire. Nous portons tous, plus ou moins, l’héritage de la presse. Et trop souvent, on fait passer entièrement sur le Réseau ce qui a été préparé pour le papier à imprimer. Et même quand le fichier naît pour le Réseau, on continue à penser avec une mentalité «en papier». En revanche, Internet est désormais un ’moyen’ en soi, autonome, qui exige un langage spécifique, une graphique particulière. En somme, on ne s’improvise pas webmasters».

Au point de vue qualitatif, le père Benedettini remarque que pour commencer de manière efficace, «la clarté» est «la caractéristique principale» dont il faut preuve. «Il y a des sites tellement confus et désordonnés qu’ils donnent l’impression qu’on ne sait pas au juste ce que l’on veut dire». En outre, il est opportun de savoir à qui l’on s’adresse: «le texte et le graphisme seront bien différents si la cible est formée des membres de la Congrégation ou d’une seule confrérie ou du public général des internautes».

Communication: il est temps de vaincre cette peur antique

En matière de communication, estime encore le religieux, il est temps de vaincre cette peur antique. Selon lui, les Congrégations doivent investir dans ce secteur.

«La communication, ajoute le directeur adjoint de la salle de presse du Vatican, fait encore peur à beaucoup, parce qu’elle apparaît comme un monstre difficilement domptable. On craint les manipulations, les effets boomerang. On se réfère aux cas de personnes et d’Instituts ’brûlés’ par les journaux. Dans de nombreux Instituts, il y a une sous-estimation de ses propres actes, en sorte qu’on ne juge point opportun ou nécessaire de les rendre publics. Il y a l’idée qu’il ne faut pas «trompeter», que Dieu se chargera de faire connaître les fruits de l’arbre bon, oubliant la sagesse populaire qui affirme: aide-toi, le Ciel t’aidera».

Pour le religieux, il y a une conception erronée de la modestie, qui devient une excuse pour justifier la paresse. Le rôle des supérieurs est crucial, à ses yeux car ils doivent savoir encourager avec fermeté, en surmontant les timidités éventuelles. «Il ne faut point oublier que la vie religieuse est une forme de vie publique de l’Eglise. Il y a également un droit du peuple de Dieu à savoir ce que font ses ’corps spéciaux’ «.

Deux sites distincts: pour les religieux et le public

Le Père Ciro Benedettini donne encore ce conseil: pour les Congrégations majeures, il serait opportun de penser «à au moins deux sites différents, ’liés’ entre eux: un pour les membres de l’Institut et les affiliés, et un pour le grand public».

«Sur le premier site, équivalent à un house organ – un bulletin intérieur – on peut insérer, remarque le père Benendettini, les documents charismatiques de l’Institut, les circulaires des supérieurs, les chroniques des maisons, les biographies du fondateur et des membres illustres. Etant essentiellement une base de données à la disposition de l’Institut, il ne présente pas d’exigences particulières, et cela ne gâche rien».

Le deuxième, que «nous pourrons appeler tout simplement ’public’, devrait offrir une présentation de l’Institut à une vaste audience d’utilisateurs potentiels qui ne connaissent pas la congrégation ou qui la connaissent d’une manière tout à fait générale. Ce site a, pour ainsi dire, des prétentions à la publicité et il doit être plus soigné, aussi bien au point de vue du contenu qu’au point de vue graphique. S’agissant d’Instituts religieux, il faut davantage de rigueur et de sérieux, qui doivent être respectés, mais sans tomber dans la grisaille».

Et le religieux de conclure: «Internet doit devenir surtout un moyen d’apostolat, et les sites doivent être mis à jour régulièrement. Il y a beaucoup de sites cadavres». (apic/vd/pr)

17 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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