Intervention du cardinal Bagnasco au Conseil permanent de la CEI
Italie: Le «crime odieux» de certains prêtres pédophiles ne peut jeter le discrédit sur toute l’Eglise
Rome, 23 mars 2010 (Apic) Le président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le cardinal Angelo Bagnasco, a soutenu que le «crime odieux» de certains prêtres pédophiles ne pouvait être l’occasion d’un «discrédit généralisé» pour toute l’Eglise, dans la soirée du 22 mars.
Intervenant à l’occasion de l’ouverture du Conseil permanent de la CEI, réuni à Rome du 22 au 25 mars, l’archevêque de Gênes a assuré que ces affaires ne pouvaient remettre en question l’obligation du célibat sacerdotal.
Devant les membres du Conseil permanent de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Bagnasco est ainsi revenu sur la Lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande, publiée deux jours plus tôt, concernant le «crime odieux» et le «péché scandaleusement grave» de certains prêtres pédophiles. Avec cette lettre «emplie d’un esprit de contrition plein de tristesse», a-t-il soutenu, «le pape a mis une limite infranchissable à la tendance pernicieuse à chercher des excuses». Cette lettre, a encore estimé l’archevêque de Gênes, «est le témoignage indubitable d’une Eglise qui n’est pas sur la défensive».
«Au moment même où elle ressent l’humiliation, a encore soutenu le cardinal Bagnasco, l’Eglise apprend du pape à ne pas avoir peur de la vérité, y compris lorsqu’elle est douloureuse et odieuse, et à ne pas la taire ou la cacher». «Cela ne signifie pas pour autant», a-t-il poursuivi, que l’Eglise puisse être la cible de «stratégies de discrédit généralisé».
Plus largement, le cardinal Bagnasco a évoqué les causes du «phénomène» de la pédophilie «qui semble tragiquement répandu dans divers milieux et chez différents types de personnes». «Nous devons réellement tous nous interroger, en mettant fin aux alibis, à propos de la culture dominante qui, aujourd’hui, est incontestée et choyée, et qui tend progressivement à effilocher le tissu conjonctif de toute la société, raillant parfois ceux qui résistent et tentent de s’opposer». Le cardinal Bagnasco a alors mis en cause «l’exaspération d’une sexualité débarrassée de sa signification anthropologique, l’hédonisme tous azimuts et le relativisme».
Dans sa longue intervention, le président de l’épiscopat italien a aussi tenu à encourager les prêtres qui font leur «devoir» avec «foi, amour et dignité». «Avec le pape, a affirmé le cardinal Bagnasco, les évêques saluent votre dévouement limpide et généreux en faveur du bien authentique des hommes, à commencer par les enfants et les jeunes». «Aucun cas tragique ne peut assombrir la beauté de votre ministère et du sacerdoce», a assuré le haut prélat italien, «ni remettre en question le célibat». (apic/imedia/ami/pr)



