Rome: Le Saint-Siège fustige la crise de confiance du Vieux continent

Intervention musclée devant les institutions européennes

Rome, 19 juillet 2010 (Apic) Le sous-secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix a déploré lundi 19 juillet la «crise structurelle», mais également «de valeurs» et «de confiance», que traverse actuellement l’Europe.

Flaminia Giovanelli est intervenue au nom du Saint-Siège lors de la rencontre annuelle organisée au siège de la Commission européenne, à Bruxelles, entre les leaders des institutions européennes et une vingtaine de responsables religieux du Vieux continent, pour évoquer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Seule femme participant à cette rencontre entre les religions et les institutions européennes, Flaminia Giovanelli a noté que «les pays de l’Union européenne occupent, dans l’ensemble, une situation privilégiée par rapport à la grande majorité des pays d’autres continents», invitant cependant à «reconnaître que les inégalités sont encore trop grandes, et malheureusement grandissantes». Et de citer le chiffre de 85 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté, soit 17 % de la population européenne.

Flaminia Giovanelli, a jugé que «l’exigence de l’éthique dans la vie de l’économie mondialisée» se faisait sentir «d’une façon encore plus contraignante». «Si la vie économique a besoin du contrat pour réglementer les relations d’échange, a affirmé la représentante du Saint-Siège, elle a tout autant besoin de lois justes et de formes de redistribution guidées par la politique, ainsi que d’œuvres qui soient marquées par l’esprit du don».

«Ceci est d’autant plus vrai à l’heure de la crise économique et financière, a encore soutenue Flaminia Giovanelli, une crise qui, engendrée techniquement par la mondialisation, se révèle être une crise structurelle, une crise de valeurs, une crise de confiance». Cette crise touche, a-t-elle encore insisté, «la confiance nécessaire à l’usage correct du ›levier’ financier de la part des opérateurs», mais également «la confiance nécessaire pour faire face à l’avenir, comme le prouve la baisse démographique qui se manifeste, par exemple, dans la plupart des pays membres de l’Union».

«Par sa mission, a encore soutenu Flaminia Giovanelli, l’Eglise catholique se doit d’être au côté des pauvres, de s’en faire la voix et de promouvoir des initiatives pour contribuer à les faire sortir de leur situation».

Pour sa part, le président de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), le Hollandais Mgr Adrianus van Luyn, a réclamé des actions courageuses en faveur des pauvres de la part du monde politique et des Eglises. Lutter contre la pauvreté en se limitant à des mesures techniques et administratives – a-t-il dit – risque de ne pas être très productif : cela reviendrait à ne considérer les pauvres que comme des «objets d’assistance».

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy, et le président du Parlement européen Jerzy Buzek, ont ainsi reçu, ce 19 juillet à Bruxelles, une vingtaine de responsables des principales religions, pasteurs, évêques, rabbins, imams et métropolites de toute l’Europe. (apic/imedia/ami/pr)

19 juillet 2010 | 17:21
par webmaster@kath.ch
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