La condamnation de l’archevêque américain du Nouveau Mexique
Interview de Mgr Sheehan
Dans une interview accordée au bulletin «Selat», le «Servicios latinoaméricanos» de presse, Mgr Michael Sheehan, archevêque du Nouveau Mexique, aux Etats-Unis, et membre du Comité d’Aide sociale de la Conférence épiscopale nord-américaine, se déclare lui aussi très préoccupé par les retombées sociales de la loi voulue par le gouvernement Clinton. «Dans la pratique, nous estimons que cette loi peut se convertir en une manière de violer systématiquement les droits de l’homme. Ceux-ci devraient être protégés en lieu et place d’être bafoués et agressés par une loi. Nous sommes préoccupés par la mentalité anti-immigrante aux relents racistes qui courent dans ce pays, et spécialement dans les régions où vivent de nombreux latinos».
Mgr Sheehan rappelle une autre décision peu reluisante du pouvoir prise à l’encontre des sans document: l’approbation, en Californie, de la loi 187, qui nie tout droit à une quelconque prestation fédérale les immigants. «Le cardinal Roger Mahomy, archevêque de Los Angeles, s’est fermement opposé à cette loi, la qualifiant de contraire à la dignité de l’homme. L’épiscopat nord-américain partage l’avis de Mgr Mahony».
Concrètement, qu’est-ce que les évêques peuvent faire pour faire face à cette nouvelle loi?
Pour l’instant, nous développons des activités en tenant compte des régions et des particularités qui leurs sont propres. Ici, à Albuquerque, j’ai commencé une série de conférences et de rencontres pour sensibiliser la population et les autorités, y compris contre l’esprit de la loi 187 de Californie qui menace de s’étendre. Dans ce sens, nous sensibilisons les gens et les autorités pour qu’elle ne soit pas adoptée au Nouveau Mexique.
Même sans document, les immigrants latinos établis de manièère illégale aux Etats-Unis apportent beaucoup au pays…
Absolument. Et personne ne peut le nier. En premier lieu, les latinos, y compris les sans document, réalisent une tâche et un travail que peu de nords-américains sont disposés à faire. Il est donc faux de prétendre qu’ils viennent ici enlever le pain de la bouche des autochtones. Deuxièmement, l’apport économique des immigrés n’est de loin pas négligeable: ils paient des impôts à la source au moment de recevoir leur salaire, ils contribuent à l’économie au moment d’acheter les produits dont ils ont besoin. C’est une source de richesse. Troisièmement, ils apportent une culture. Et même une culture de travail. Il est surprenant de voir à quel point ces gens se surpassent dans l’effort de parvenir à une vie meilleure. Pour progresser. Et je ne parle pas de la richesse qu’ils représentent pour l’Eglise catholique aux Etats-Unis, ne serait-ce que par l’amour qu’ils témoignent à la Vierge et à la famille. (apic/aci/pr)




