«Invitées à participer à la construction d’une société fraternelle»

France: Les évêques encouragent les personnes qui s’engagent dans les municipalités

Paris, 11 décembre 2013 (Apic) Les élections municipales sont «une chance pour le bien commun», écrivent, au nom des évêques du pays, les membres du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF). A l’approche des échéances électorales de mars prochain, le Conseil Permanent de la CEF, sous la présidence de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, tient «à rendre hommage aux hommes et aux femmes impliqués dans la vie municipale», en les qualifiant «d’élus de la proximité humaine et géographique».

Ces élus «savent que, pour chacun d’entre nous, être enraciné en un lieu est une dimension essentielle de la vie personnelle et sociale. Beaucoup ont à cœur d’accueillir au mieux les nouveaux habitants. Et quand le chômage ou la précarité touchent nos concitoyens, une vie locale harmonieuse favorise la dignité et la recherche d’emploi».

Les évêques soulignent que dans les cas de grande solitude, en particulier, la commune est souvent ce premier garant du lien social, avec les services aux personnes âgées, aux personnes fragiles ou en situation de handicap, en développant la vie associative, sportive et culturelle.

La dimension fraternelle, un sens très profond pour les catholiques

C’est pourquoi, ils souhaitent «encourager fortement toutes les personnes qui projettent en 2014 de donner quelques années au service du bien commun. Qu’elles travaillent à l’échelle de la commune, de la communauté de communes ou d’agglomération, qu’elles représentent la dimension locale dans les diverses structures de la vie départementale ou régionale, toutes seront invitées à participer à leur façon, à la construction d’une société fraternelle».

Pour les catholiques, en particulier, cette dimension fraternelle comporte un sens très profond, poursuivent-ils, car elle enracine l’engagement pour le bien commun au cœur même de la source de leur foi. «Comme le dit le pape François dans sa récente Exhortation apostolique ‘Evangelii Gaudium’ (§ 179), ‘la Parole de Dieu enseigne que, dans le frère, on trouve le prolongement permanent de l’Incarnation pour chacun de nous: dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’ (Mt 25, 40). Tout ce que nous faisons pour les autres a une dimension transcendante».

Les évêques saluent l’implication des élus

Les évêques relèvent que, par leur ministère, ils observent la richesse de la vie locale, particulièrement lors de leurs visites pastorales. «Les associations, les municipalités et les paroisses sont souvent, notamment dans les petites communes rurales qui constituent l’immense majorité du tissu communal, les seuls lieux de lien social», insistent-ils.

Malgré les difficultés auxquelles les élus doivent faire face – «crise économique, longue et coûteuse en emplois, en fermetures d’entreprises, la recherche des subventions et des dotations qui rendent difficiles les projets et les investissements municipaux» – les responsables de l’action sociale mettent en œuvre des initiatives nouvelles.

«Nous savons aussi leur volonté de servir la communauté territoriale toute entière. Nous savons encore l’attachement des maires à ‘leurs’ églises, part essentielle du patrimoine communal, dont ils sont souvent les premiers à initier des restaurations. Pour tout cela, et bien d’autres actions des domaines si variés du développement local, nous saluons leur implication et condamnons les discours populistes répandant la suspicion contre toute représentation politique».

Face à l’individualisme, des hommes et des femmes soucieux de tous

La tendance à l’individualisme, à la perte du sens du bien commun et au rejet de l’autre, quand il est différent ou quand il vient d’ailleurs, inquiète les évêques français. Souvent la peur puis la violence en sont les conséquences. Parfois même, des personnes ont le sentiment qu’elles ne sont plus accueillies là où, il y a quelques années encore, elles avaient toute leur place, écrivent-ils.

Malgré ces défis, les évêques encouragent les candidatures aux élections municipales de 2014 «des hommes et des femmes soucieux de tous, notamment dans les nouvelles générations». «Au service du bien commun, ils sauront allier aspirations individuelles, justice sociale, démocratie et paix. Notre pays en vaut la peine. Nous engageons à mettre en œuvre, au niveau local, une vive attention à toutes formes de pauvretés et la conduite d’actions dynamiques et inventives pour le meilleur de la vie ensemble».

A trois mois des élections municipales, sans désigner nommément le Front National ou les autres formations qui se laissent aller au populisme, les évêques mettent en garde contre la forte montée de ce courant en France. Ils condamnent les discours populistes qui répandent la suspicion envers toute représentation politique. (apic/com/be)

11 décembre 2013 | 17:17
par webmaster@kath.ch
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