Les troupes d’occupation torturent depuis des mois
Irak: Amnesty International a dénoncé plusieurs fois les mauvais traitements en prison
Londres, 5 mai 2004 (Apic) Amnesty International sait depuis longtemps que les prisonniers irakiens subissent des mauvais traitements dans les prisons. L’organisation de défense des droits de l’homme avait déjà dénoncé ces pratiques dans un rapport détaillé en juillet 2003.
«Les images choquantes de torture à la prison d’Abou Ghraib à Bagdad ne sont pas un cas isolé, mais représentent plutôt la pointe visible de l’iceberg», soutient Amnesty International (AI) dans un communiqué diffusé le 5 mai. L’organisation exige une nouvelle fois une enquête complète et indépendante sur toutes les accusations de torture portées contre les forces de la coalition ainsi que la condamnation des auteurs d’actes de torture.
«Abou Ghraib était l’une des pires chambres de torture d’Irak durant la dictature de Saddam Hussein. Les photos de torture récemment publiées prouvent que les troupes américaines d’occupation et leur coalition violent également massivement les droits humains», dénonce AI. Amnesty International précise qu’avait déjà dénoncé en juillet 2003, «dans un mémorandum très complet, les conditions de détention inadmissibles dans les prisons irakiennes». En mars dernier, les reproches ont été répétés dans un rapport, intitulé ” Irak – droits humains: un an après la guerre, la situation reste critique «. Le document recensait de nombreux cas d’actes de torture. Dans plusieurs cas, des prisonniers sont morts des suites de la torture pratiquée par les troupes d’occupation, dénonce AI.
Torture pratiquée depuis la première semaine de guerre
Depuis la première semaine de la guerre contre l’Irak menée par les Etats-Unis et ses alliés, AI a sans arrêt reçu des informations selon lesquelles des personnes ont été torturées ou maltraitées durant les interrogatoires menés par les soldats britanniques ou américains. Parmi les méthodes de torture les plus fréquemment utilisées, l’organisation cite la privation de sommeil, les coups, le maintien prolongé dans des positions inconfortables, dans lesquelles les prisonniers étaient de plus soumis à une musique assourdissante ou exposés à de très fortes lumières, ou encore le port prolongé d’une cagoule qui rendait la respiration difficile. Un ressortissant saoudien arrêté en avril 2003 a même affirmé avoir subi des coups et des décharges électriques, et avoir été suspendu par les pieds.
L’Autorité provisoire de la coalition a publié sur Internet une liste de 8500 prisonniers. La plupart sont détenus pour une durée indéterminée et sans jugement officiel. Ils sont considérés comme des «terroristes présumés» ou «incarcérés pour des raisons de sécurité», dénonce AI. (apic/com/bb)



