Pas de signaux en direction du dialogue et de la réconciliation
Irak: L’Osservatore romano condamne l’exécution des deux collaborateurs de S. Hussein
Rome, 15 janvier 2007 (Apic) L’Osservatore romano a critiqué, dans son édition des 15 et 16 janvier 2007, l’exécution des deux coinculpés de Saddam Hussein. Dans son éditorial de première page intitulé «La potence est encore l’instrument d’un cruel ’justicialisme’», le quotidien du Saint-Siège appelle au dialogue et à la réconciliation. Ces deux nouvelles exécutions vont encore fait monter la tension d’un cran dans un pays déjà à feu et à sang.
«Un cruel ’justicialisme’ fait encore une fois du gibet son instrument», estime ainsi le quotidien suite à la mise à mort des deux coaccusés de l’ex-raïs, Barzan Al-Tikriti et Awad Al-Bandar, respectivement ancien chef des services secrets et ancien président du tribunal révolutionnaire. Ainsi, après celle de Saddam Hussein, pendu le 30 décembre dernier, la sentence de condamnation à mort, toujours par pendaison, a été exécutée à l’aube dans une prison de Bagdad.
«Après l’exécution de Saddam – de surcroît ’spectacularisée’ d’une façon clairement préjudiciable pour la dignité de la personne -, plusieurs parties ont rappelé l’urgence de donner des signaux en direction du dialogue et de la réconciliation», rappelle L’Osservatore romano. Et de regretter que pour le moment, il ne semble pas qu’un tel ’changement de cap’ ait eu lieu.
Dans son édition du 5 janvier, L’Osservatore romano avait déjà dénoncé une première fois le «rituel macabre» de la peine de mort en Irak. Le quotidien du Saint-Siège avait alors regretté que Bagdad s’obstine à vouloir pendre les deux coaccusés de Saddam Hussein.
L’exécution prévue le 5 janvier au matin des deux coaccusés de Saddam Hussein a été reportée de quelques jours. Barzan al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein et ancien chef des services secrets, et Awad al-Bandar, ex-président du tribunal révolutionnaire, avaient été condamnés à mort le 5 novembre 2006 pour le massacre de 148 villageois chiites à Doujaïl, au nord de Bagdad, dans les années 1980, en représailles à un attentat manqué contre l’ancien président Saddam Hussein. (apic/imedia/ar/be)




