Les ravisseurs réclament toujours davantage

Irak: La libération de l’archevêque chaldéen de Mossoul, priorité absolue pour Nouri al Maliki

Bagdad, 4 mars 2008 (Apic) La libération de l’archevêque chaldéen de Mossoul, enlevé vendredi dernier par des hommes armés, est une «priorité absolue» pour le Premier ministre Nouri al Maliki. Dans un message adressé au cardinal Emmanuel Delly II, patriarche de Babylone des Chaldéens, à Bagdad, le chef du gouvernement irakien écrit qu’»attaquer les chrétiens de ce pays signifie attaquer les Irakiens eux-mêmes».

Réclamant la libération de Mgr Faraj Rahho, Nouri al Maliki souligne que la communauté chrétienne d’Irak «est à la base de la société du pays et ne pourra jamais être séparée de sa population ni de sa civilisation». Nouri al Maliki relève avoir donné l’ordre au ministère de l’Intérieur et aux services de sécurité de la province de Ninive de déployer toutes les forces nécessaires à la libération de l’archevêque chaldéen. Des sources religieuses contactées par l’agence de presse catholique Misna tant à Mossoul qu’à Bagdad, indiquent qu’»il n’y a aucune nouveauté ces dernières heures, mais qu’il faut continuer à espérer».

Selon l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome, les ravisseurs de l’archevêque chaldéen, qui est malade, ont augmenté leurs exigences financières. Dans un appel téléphonique lundi soir, ils ont mis d’autres conditions politiques «qui compliquent le cas». Les correspondants sur place n’ont pour le moment aucune garantie concernant la santé du prélat âgé de 65 ans. Les ravisseurs n’ont encore donné aucune preuve à ce sujet.

Des conditions «politiques»

Enlevé vendredi soir, Mgr Paulos Faraj Rahho a besoin de soins médicaux. Le chauffeur de la voiture du prélat, et deux de ses gardes du corps, ont été abattus lors de son enlèvement. Ce sont tous trois des chrétiens, et ils sont pères d’une famille de trois enfants. Ils ont été enterrés samedi dans le cimetière de la localité chrétienne de Karamles, près de Mossoul. Le nouveau scénario fait penser qu’il ne s’agit pas seulement de simples criminels intéressés à l’argent.

Dans les diocèses et dans tout le pays, les fidèles continuent à prier pour que Mgr Rahho soit libéré sain et sauf, tandis que les télévisions locales transmettent en continu les appels des chefs religieux chrétiens et musulmans irakiens, et ceux du pape Benoît XVI. Les médias ont mis en relief les condamnations des chefs religieux chiites et sunnites qui ont souligné que cet enlèvement est «contraire à tous les principes de l’islam».

Mgr Rahho a été kidnappé vendredi soir par des hommes armés au sortir de la célébration du chemin de croix à l’église du St-Esprit de Mossoul. Cette ville du Nord de l’Irak est sous la coupe de divers groupes terroristes sunnites qui veulent établir un Etat islamique. Dans cette ville située à 400 km au nord de Bagdad, il n’y a pas que les chrétiens qui subissent la violence quotidienne. Mais la minorité chrétienne, qui quitte de plus en plus la ville, est devenue très vulnérable: des inconnus, supposés appartenir au mouvement terroriste Al-Qaïda, sont allés dans des quartiers chrétiens pour exiger la «jizya» – l’impôt que doivent payer les «infidèles» en terre d’islam – tout en demandant que les filles soient envoyées à la mosquée pour être mariées à des musulmans. (apic/asian/misna/be)

4 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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