S’ils se tenaient tranquilles, les gens avant étaient protégés
Irak: La violence a baissé, mais les problèmes demeurent, affirme l’archevêque de Bagdad
Washington, 7 mai 2009 (Apic) La violence a récemment baissé en Irak, mais les problèmes demeurent, affirme Mgr Jean Benjamin Sleiman, archevêque latin de Bagdad. «Généralement, la situation s’améliore, la violence a vraiment décrû, mais pour moi, le problème est toujours là, parce que la violence est toujours là, et les défis pour les catholiques demeurent», a déclaré le prélat qui a rencontré des responsables de l’Eglise américaine en début de semaine à Washington.
La violence reste en Irak «le langage de la politique», relève Mgr Sleiman, pour qui de nombreux problèmes politiques – nouveaux et anciens – n’ont pas été résolus. Et de citer les relations tendues entre Arabes et Kurdes et entre Sunnites and Chiites. La nouvelle liberté dont ont bénéficié les 14 Eglises chrétiennes depuis la chute du régime dictatorial de Saddam Hussein a été une source de conflit et de confusion parce que «de nombreuses Eglises irakiennes ne sont pas habituées à la liberté», a-t-il confié à l’agence de presse catholique américaine CNS.
Avant que les Etats-Unis n’envahissent l’Irak en 2003, les gens étaient protégés par le régime de Saddam pour autant qu’ils se tiennent tranquilles et «la peur gardait la vérité à distance», alors que maintenant «nous avons la liberté, mais nous n’en jouissons pas». La cause: «les chrétiens irakiens ne sont pas habitués à la liberté et sont menacés quand ils se sentent libres».
Sous Saddam, les écoles étaient nationalisées, tandis que maintenant, l’Eglise a la charge de 10 écoles à Bagdad. Et l’archevêque Sleiman de souligner que pour la première fois, les catholiques en Irak pensent aux écoles et à l’éducation, mais tout ceci au milieu de la confusion et de la violence. Dans le contexte nouveau de la société irakienne, les Eglises chrétiennes jouent un rôle important en tant qu’institutions sociales. Ainsi la majorité des élèves dans les écoles catholiques à Bagdad sont des musulmans.
Les catholiques ne parlent pas le langage politique en utilisant la violence et les évêques irakiens restent en dehors de la politique, tout en s’inquiétant du sort de la société irakienne. Bien que les institutions catholiques accueillent les gens de toutes les religions, a-t-il admis, il est difficile pour les chrétiens et les musulmans de travailler ensemble. «Il est plus facile pour les chrétiens d’être ouverts aux musulmans que le contraire. Les musulmans ont la psychologie de la majorité et ne comprennent pas le problèmes de la minorité», a-t-il souligné.
Pour l’archevêque Benjamin Sleiman, l’émigration est le plus grand défi que doit affronter l’Eglise locale. Officiellement, 5’000 catholiques sont enregistrés dans son archidiocèse, mais il pense qu’il en reste probablement que la moitié à Bagdad.
Les chrétiens irakiens ont effet fui par dizaines de milliers vers les pays voisins et le nord de l’Irak. Les familles ont quitté le pays, et pour la première fois, les personnes âgées restées en arrière sont devenues un problème pour le pays, relève-t-il. Mais l’archevêque latin de Bagdad admet que l’Eglise est limitée dans ce qu’elle peut faire pour prévenir l’émigration. «Nous devons respecter la liberté des gens s’ils veulent émigrer». Et d’ajouter que les évêques irakiens veulent montrer l’exemple à leurs fidèles en restant dans le pays et en développant de nouveaux projets pour aider les catholiques socialement et financièrement. (apic/cns/be)



