Le recteur: aucun d’entre nous n’est sûr de rentrer chez soi le soir
Irak: Le ’Babel College’, seule faculté d’études théologiques en Irak
Bagdad, 15 novembre 2007 (Apic) «La guerre a détruit tant de choses et tant de personnes. Même si parfois, on se sent à l’abri des dangers, nous essayons tous de tenir le coup et les jeunes ont besoin de points de repère».
Les trois piliers sur lesquels se fonde le Babel College, a rappelé l’évêque Mgr Jacques Isaac et recteur du ’Babel College’, consistent en «esprit interreligieux, oecuménisme et ouverture au dialogue». Il a souligné que sur les 35 enseignants, six sont de religion musulmane et les autres sont chaldéens, syro-catholiques, dominicains syro-orthodoxe. Ils travaillent avec des soeurs chaldéennes, dominicaines, du Sacré coeur et trois étrangers: deux Belges et un Américain.
«La meilleure façon de mettre en pratique l’oecuménisme, ainsi que le dialogue entre les adeptes de différentes religions, consiste justement dans la confrontation quotidienne, dans un esprit d’amitié et dans un milieu culturel propice au développement», a relevé le recteur du ’Babel College’. C’est la seule faculté d’études théologiques en Irak. L’évêque auxiliaire aux affaires culturelles du Patriarcat de Babylone des Chaldéens, parle d’une communauté qui cherche, malgré les violences continuelles, à se relever.
Dans une interview accordée à l’Office pastoral des migrants de Turin, il a déclaré que parmi les balises dont les jeunes ont besoin, «l’Église peut être l’une de celles-là».
La religion chrétienne pouvait être enseignée sous Saddam Hussein
En début d’année, le siège du Babel College, après 16 ans d’activité, a du être transféré de Bagdad à Ankawa, dans le Kurdistan irakien. «Cela a été difficile», raconte le prélat. Mais «nous ne pouvions faire autrement, Dora, la zone où se trouvait le collège, était devenue trop dangereuse. A Ankawa, le gouverneur régional kurde a mis à notre disposition un édifice où nous avons commencé les cours». Un exemple de bonne volonté et de disponibilité que l’évêque a tenu à souligner par deux autres épisodes. Le premier concerne la réintroduction de l’enseignement de la religion chrétienne dans les écoles, comme c’était le cas sous Saddam Hussein.
«Le président Talibani a promis au Patriarche Mar Emmanuel III Delly (Patriarche de Babylone des Chaldéens) d’intervenir auprès du ministère de l’Éducation pour que les élèves chrétiens puissent, à la fin de l’année scolaire, passer leurs examens de religion chrétienne», a ajouté Monseigneur Isaac.
Le second exemple se rapporte au terme utilisé par le Secrétariat du Premier ministre Nouri al-Maliki pour définir la communauté chrétienne. Soit «Gialya». Traduit en français, ce concept donnerait l’équivalent de «colonie d’immigrés (.)».Suite aux protestations des chrétiens, le Secrétariat a présenté ses excuses, en reconnaissant son erreur et en remplaçant le terme Gialya par celui de «Ta’ifa» qui veut dire communauté». (apic/misna/vb)



