Irak: Le cardinal Roger Etchegaray déclare que «la paix est encore possible en Irak»

«Une terre injustement coupée des autres»

Rome, 17 février 2003 (APIC) Le cardinal français Roger Etchegaray, envoyé spécial de Jean Paul II en Irak, a quitté Bagdad e le 16 février en affirmant que «la paix est encore possible en Irak et pour l’Irak». Le prélat a en outre souligné que ce pays est «une terre injustement coupée des autres».

«Parmi les gros nuages qui se sont amoncelés ces temps-ci, il se fait une petite éclaircie», déclare le prélat dans une déclaration publiée le 17 février par la salle de presse du Vatican. Le cardinal Etchegaray est parti en Irak pour rencontrer les autorités politiques et religieuses du pays, le 10 février dernier. Il a notamment eu un entretien avec le président Saddam Hussein, samedi, à qui il a remis un message du souverain pontife.

«Je viens de vivre en Irak des journées d’une intensité extraordinaire en communion avec celui qui m’y a envoyé, le pape Jean Paul II», écrit le cardinal octogénaire. «Rarement j’ai autant senti que je n’étais pas seulement porteur de son message de paix, mais qu’il était lui même présent», affirme-t-il en se disant satisfait de la «longue et profonde écoute» de la part de Saddam Hussein.

En quittant une terre «injustement coupée des autres», le cardinal Roger Etchegaray affirme enfin vouloir se faire, «plus que le simple écho, l’amplificateur d’une aspiration d’un pays qui a un besoin pressant de paix». «Que nul ne baisse les bras», écrit-il. «Le nouveau et bref répit qui est donné, doit être utilisé par tous à plein temps et dans un esprit de confiance réciproque pour répondre aux exigences de la communauté internationale. Le moindre pas de ces prochains jours a valeur d’un grand saut vers la paix. Oui la paix est encore possible en Iraq et pour l’Iraq. Je repars à Rome en le criant plus fort que jamais».

Le retour du cardinal Etchegaray à Rome est prévu dans la soirée du 17 février, d’après des sources vaticanes. Il doit rencontrer Jean Paul II le lendemain, afin de lui rendre compte de son séjour en Irak, quelques heures avant la venue au Vatican du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.

Risque de représailles contre les chrétiens

Dans un entretien à Radio Vatican, le 16 février, Mgr Michael Fitzgerald, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a mis en garde contre «le risque d’interpréter une éventuelle guerre en Irak comme une guerre contre l’islam». Pour lui, ceci pourrait conduire à des représailles contre les chrétiens, «qui sont considérés comme les alliés des puissances occidentales». (apic/imedia/sh)

17 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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