Voyage pas annulé, seulement reporté
Irak: Le pape désire toujours se rendre en Irak, sur les traces d’Abraham
Rome, 13 décembre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II désire toujours se rendre en pèlerinage en Irak, sur les traces d’Abraham, vénéré tant par les chrétiens que par les juifs et les musulmans. Le «Ministre des Affaires Etrangères» du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les relations avec les Etats de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, a confirmé que le voyage à Ur, en Chaldée (sud de l’Irak), prévu pour la fin janvier 2000, n’est pas définitivement annulé, mais «seulement reporté».
Vendredi dernier, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, annonçait dans un communiqué qu’étant données les conditions «anormales» dans lesquelles aurait lieu le voyage à cause de l’embargo et de la «no-fly zone» (zones d’interdiction de vol en territoire irakien décrétées unilatéralement par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, mais sans couverture juridique de l’ONU), ainsi que la situation de la région, les autorités irakiennes estimaient qu’il était préférable de reporter la visite. Une attaque aérienne américaine et britannique a causé la mort de deux enfants et en a blessé cinq autres et un adulte dimanche dans le nord de l’Irak, annonce pour sa part l’agence de presse officielle irakienne INA.
Report en partie par respect pour le pape
Mgr Tauran a déclaré sur les ondes de Radio Vatican que «le communiqué de la salle de presse du Saint-Siège expliquait bien les raisons – politiques, internes, régionales – pour lesquelles il était impossible d’organiser correctement la visite du Saint Père». «Nous n’en savons pas plus, car le nonce n’a pas encore pu envoyer un rapport détaillé sur la question», a-t-il ajouté.
«On comprend cependant que dans ce pays, qui vit depuis plusieurs années sous l’embargo, les autorités se sentent incapables d’assurer un minimum de structures, de sécurité, d’organisation logistique, et par conséquent, elles ont préféré reporter la visite, en partie par respect pour le pape, a poursuivi Mgr Tauran. Nous avons compris qu’il ne s’agit pas d’une décision contre la personne du Saint Père, mais que les circonstances ne permettent pas d’organiser dignement la visite. On peut supposer par conséquent que lorsque les circonstances seront meilleures, le pape sera à nouveau invité. Je dirais que pour le moment la visite est reportée sans précision de délai», a-t-il déclaré.
Ce n’est que partie remise, affirme Bagdad
On peut se demander dans quelle mesure l’opposition américaine et britannique – qui craignent que cette visite pastorale soit utilisée par Saddam Hussein pour condamner l’embargo inhumain qui saigne la population irakienne – a influencé cette décision. «La Grande Bretagne et les Etats-Unis ne se sont pas opposés», a expliqué Mgr Tauran. «Ils ont exprimé leur perplexité mais la décision a été prise de manière parfaitement autonome par les autorités irakiennes». Les paroles de Mgr Tauran ont été confirmées par les autorités irakiennes. Le sous-secrétaire du ministre des Affaires Etrangères de Bagdad, Nizar Hamdoun, a déclaré qu’il ne s’agissait que d’un report. Il faudra donc attendre l’évolution de la situation dans la région et en Irak pour savoir si le pape pourra se rendre à Tal al Muqayyar, l’ancienne Ur des Chaldéens, qui se trouve à 350 kilomètres au sud de Bagdad. Le pape a annoncé le 29 juin dernier qu’il désirait ardemment faire ce voyage. Le chef de l’Eglise catholique irakienne, Mgr Raphaël Bidawid, patriarche de Babylone des Chaldéens, a de son côté fait remarquer que si les conditions de sécurité pour un voyage du pape en Irak ne sont pas assurées c’est parce que «les Américains et les Anglais ont tout l’espace aérien entre leurs mains», a-t-il déclaré à l’agence de presse vaticane Fides à Rome. Et de faire remarquer qu’ils ont récemment bombardé une région proche d’Ur. (apic/zen/fides/be)



