La diplomatie vaticane sur tous les fronts pour éviter la guerre
Irak: Le Vatican se mobilise pour encourager une issue pacifique de la crise
Rome, 17 février 1998 (APIC) «Notre diplomatie travaille intensément» assure le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, à propos du risque d’engagement militaire américain contre l’Irak que veut à tout prix éviter le Vatican.
Répondant aux questions du quotidien «La Repubblica» du 17 février, le cardinal Sodano, révèle que tous les réseaux diplomatiques de l’Eglise ont été mis en oeuvre pour cette cause: «en contact continu» à Rome avec l’ambassade des Etats-Unis près le Saint-Siège; «en contact étroit» avec le gouvernement américain à Washington via la nonciature apostolique; en contact avec le gouvernement irakien par la nonciature de Bagdad, «un canal décisif pour maintenir le dialogue»; enfin, avec les Nations Unies «le plus important des canaux».
A ce titre, le 14 février, Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, a rencontré le secrétaire général de cette organisation Kofi Annan, pour lui transmettre «la profonde préoccupation» de Jean Paul II devant la montée de la crise et pour «l’encourager à se rendre à Bagdad afin de conjurer toute option militaire».
«Nous demandons avec force et conviction à toutes les parties, résume le cardinal Sodano, de ne pas renoncer au dialogue et de ne pas cesser les négociations. Et nous répétons notre opposition à l’intervention armée des militaires parce qu’elle ne résoudrait pas les problèmes de la crise, mais qu’elle risquerait d’élargir le conflit en aggravant les conditions de vie déjà difficiles du peuple irakien».
Jean Paul II avait lancé un appel en ce sens, le dimanche 8 février lors de la prière de l’Angélus. «Les conflits armés ne résolvent pas les problèmes avait-il souligné, mais créent des incompréhensions plus grandes encore entre les peuples. (…) Je suis convaincu que les parties en cause ont encore la possibilité de s’entendre et de réaffirmer les principes qui règlent pacifiquement la co-existence internationale».
Cet espoir de résolution pacifique du conflit est toujours partagé par Jean Paul II, dit le cardinal Sodano: «le pape pense qu’il est encore possible de négocier».
Front guerrier moins compact
Même espérance, sur le terrain, avec le Patriarche des Chaldéens, Raphaël Bidawid. De passage à Rome, il a accordé une interview le 17 février à l’»Avvenire», le quotidien catholique. «Je pense qu’il y a encore de l’espérance et qu’une solution pacifique est encore possible. Je ne vois pas où est la raison de faire la guerre. (…) C’est une illusion de penser qu’un homme comme Saddam, après la défaite d’il y a sept ans et toutes ses conséquences, puisse encore penser à faire la guerre. Avec quels moyens pourrait-il la faire ?» Et si les supposées armes secrètes étaient un mythe fabriqué par l’Occident pour l’attaquer, principalement entretenu par un front anglophone? «Je pense que la visite de Kofi Annan sera décisive et qu’elle se terminera par une solution pour admettre la visite des inspecteurs de l’ONU. Mais il me semble aussi que la visite des inspecteurs sera un fiasco absolu et qu’ils ne trouveront rien».
Le patriarche de cette Eglise catholique orientale fortement établie en Irak, cite également un récent rapport de l’ONU sur les conséquences de l’embargo imposé à l’Irak: «Depuis 1991, un million d’enfants sont morts à cause de l’embargo. Chaque mois, en moyenne, ils sont 4’500 enfants à mourir de faim ou de maladies. Nous avons surtout besoin de lait et de médicaments. Je me demande quelle conscience peut supporter et admettre un tel génocide sans aucune justification». (apic/imed/pr)



