A nouveau un prêtre enlevé à Bagdad
Irak: Les attaques contre la communauté chrétienne se poursuivent
Bagdad, 5 décembre 2006 (Apic) Les attaques contre la communauté chrétienne se poursuivent en Irak et un nouveau prêtre a été enlevé lundi à Bagdad. Le patriarche chaldéen a en effet confirmé mardi 5 décembre le «rapt» du Père Samy Al Raiys, disparu depuis lundi matin. Prêtre chaldéen catholique, le Père Samy est le recteur du Grand séminaire majeur du patriarcat. Il devait ouvrir la nouvelle année académique ce mercredi.
«Nous vous prions de bien le traiter et de ne pas lui faire de mal», a déclaré sur son site internet Mgr Emmanuel III Karim Delly, patriarche de Babylone des chaldéens à Bagdad.
«Nous remettons le Père Samy – peut-on lire sur le site – entre les mains du Seigneur et de la Providence, leur demandant d’aider à sauver l’Irak de ces enlèvements qui terrorisent tout le monde, grandes personnes et enfants». Le patriarche invoque également la Mère de Dieu afin qu’elle sauve ce prêtre et lui permette de retourner rapidement dans son église et auprès de ses fidèles.
Effrayer la petite minorité chrétienne, tentée par l’émigration
Le Père Samy se trouvait à quelques mètres de sa maison, dans la rue Sinaa, à Bagdad, quand des inconnus l’ont capturé, écrit mardi l’agence de presse italienne AsiaNews. On n’a pour le moment aucune nouvelle du prêtre enlevé, et sa voiture n’a pas été retrouvée. Il se rendait à son église de Saint-Georges, Mar Guirguis. Il était également enseignant de morale au Babel College, la Faculté de théologie de la capitale irakienne.
Ce nouvel enlèvement a lieu à peine une semaine après la libération du Père Doglas Yousef Al Bazi, curé chaldéen de Saint-Elie, à Bagdad, encore en convalescence après 9 jours passés dans des conditions de séquestre difficiles. Le Père Doglas Yousef Al Bazy, âgé de 34 ans, a été enlevé le 19 novembre, avant d’être finalement relâché. Dans les milieux chrétiens de la capitale irakienne, on craint que ce genre d’initiative criminelle soit destiné à toucher les personnalités religieuses les plus actives, dans le but de décourager les chrétiens à rester en Irak.
Au sein de la communauté chaldéenne, l’idée se répand que les menaces et les enlèvements ne sont pas indiscriminés, mais bien plutôt réalisés de façon ciblée. Ils visent les personnalités les plus engagées au sein de la communauté chrétienne, les plus jeunes et les plus courageux, «comme un avertissement à ceux qui continuent à espérer pouvoir encore vivre dans ce pays».
Depuis un certain temps déjà, la situation étant devenue «insupportable», les chrétiens sortent rarement de la maison. Ils ne sont cependant pas les seuls à souffrir de la violence, «car aucun lieu n’est sûr désormais, il n’y a même pas de sécurité sur son lieu de travail». Les derniers mois, on a assassiné des boulangers à Bagdad pour le simple fait que leurs pains ressemblaient vaguement à une croix, écrit AsiaNews.
Depuis cet été, la situation s’est fortement détériorée pour les chrétiens, et en septembre, plusieurs églises ont été la cible de tirs et d’attentats, non seulement à Bagdad, mais également à Mossoul, une place forte sunnite. En septembre dernier, le Père Saad Syrop Hanna, un prêtre irakien de 34 ans enlevé le 15 août dernier dans le quartier de Dora, à Bagdad, a été libéré après paiement d’une rançon. Il était apparu très affaibli et portant des séquelles des mauvais traitements qu’il a subis durant près d’un mois de détention très pénible. Notons que la moitié des quelque 1,2 million de chrétiens irakiens ont fui leur pays depuis l’invasion américaine et la chute de Saddam Hussein en 2003. (apic/asian/be)



