Cri d’alarme de l’archevêque syrien catholique de Mossoul

Irak: Les chrétiens sont sous la menace permanente des enlèvements

Mossoul/Rome, 17 mars 2006 (Apic) Les chrétiens d’Irak sont sous la menace constante des enlèvements, affirme l’archevêque syrien catholique de Mossoul. Mgr Basile Georges Casmoussa – qui fut lui-même kidnappé l’année dernière par des islamistes – affirme qu’au moins deux ou trois chrétiens par semaine sont enlevés à Mossoul depuis janvier dernier.

Dans une interview publiée vendredi 17 mars par le quotidien italien «Il Tempo», l’archevêque de Mossoul déclare que l’exode des chrétiens continue en Irak, pays où le christianisme a quasiment une histoire de deux millénaires et où chrétiens et musulmans cohabitent pacifiquement. L’archevêque de Mossoul souligne qu’il n’y a pas de «projet politique» pour faire face à la situation de la minorité chrétienne en Irak, même si l’»autonomie administrative» prévue pourrait aider les secteurs chrétiens à résoudre une partie de leurs propres problèmes.

Le sort de la minorité chrétienne est dramatique

Mgr Casmoussa se trouve ces jours-ci à Rome où il a participé à la présentation du document vidéo «Chrétiens de Ninive», avec l’évêque latin de Bagdad, Mgr Jean Benjamin Sleiman, et l’archevêque syrien catholique de Bagdad, Mgr Athanase Matti Shaba Matoka. Enlevé le soir du 17 janvier 2005 par deux hommes armés au sortir d’une visite pastorale, Mgr Basile Georges Casmoussa a été libéré après deux jours par ses ravisseurs qui avaient menacé de lui trancher la gorge.

L’archevêque de Mossoul relève que le sort des chrétiens irakiens est dramatique: «nous sommes une minorité, et pour nous, la proportion des enlèvements est très haute. Nous nous sentons soudain menacés, car nous sommes socialement faibles».

Entre les enlèvements et les attentats contre les églises, souligne pour sa part Mgr Matoka, la sécurité est devenue un problème insupportable: «Nous ne pouvons accuser nos frères musulmans, parce que la majorité d’entre eux veulent vivre en paix». Ceux qui attaquent les chrétiens sont des groupes de fanatiques, certes, mais dans ces conditions, de nombreux fidèles préfèrent abandonner le pays.

Avant que la première guerre du Golfe, l’embargo puis l’invasion américaine ne poussent de nombreux chrétiens à se réfugier à l’étranger, la communauté chrétienne d’Irak était forte de quelque 800’000 fidèles, la majorité étant des chaldéens. A l’heure actuelle, les évêques irakiens ne sont pas en mesure d’évaluer le nombre des chrétiens restés au pays. (apic/tempo/be)

17 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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