Violences en Irak malgré un important dispositif de sécurité
Irak: Les musulmans chiites du monde entier célèbrent aujourd’hui la fête d’Ashura
Bagdad, 18 février 2005 (Apic) C’est dans un climat de haute tension que les musulmans chiites d’Irak et du Pakistan célèbrent dès le 18 février, tout comme leurs coreligionnaires du monde entier, la fête d’Ashura. Cette commémoration rappelle la mort de l’imam Hussein, fils d’Ali, petit-fils du prophète Mahomet.
Au moins 21 personnes ont été tuées, vendredi, dans des attentats qui ont visé deux mosquées chiites et un café à Bagdad. Ces attaques sont survenues alors que la communauté chiite commémore le deuil de l’Ashura. Des mesures de sécurité importantes ont été pourtant adoptées en Irak, tout comme au Pakistan, du fait que la «journée du deuil» a été marquée l’an dernier par des épisodes de violence dans la ville sainte de Nadjaf et à Bagdad, en Irak, avec un bilan total de 170 morts. Au Pakistan, lors de l’Ashura 2004, des sunnites kamikazes se sont lancés contre une procession de chiites dans la ville sud occidentale de Quetta, tuant 46 personnes.
Ashura est considérée comme la fête la plus importante de la communauté chiite. Le point culminant sera la journée de samedi, où les fidèles prendront part à des processions, des manifestations religieuses et réaliseront une série de rites, relève l’agence d’information catholique Misna.
Cette fête est le symbole de la rupture, au 7e siècle, entre sunnites et chiites. Ali Ibn Abi Talib était à la direction de la «shia’h» de laquelle les chiites tirent leur nom. Son fils Hussein a été mis en échec en 680 à Kerbala au cours d’une lutte contre les milices du calife omeyyade Yazid, qui en usurpa le pouvoir: ce litige aurait dû marquer le contrôle sur l’Islam, quelques années après la mort du prophète Mahomet. L’échec de Hussein a marqué une fracture entre sunnites et chiites. Ces derniers représentent aujourd’hui près de 10% des musulmans dans le monde et sont surtout présents en Iran (pratiquement le seul pays chiite), en Irak (où ils représentent 60% de la population), au Barhein, au Pakistan, au Liban et en Afghanistan. (apic/misna/bb)



