Irak: Les ravisseurs ont fait erreur sur la personne, selon Mgr Casmoussa

«Les Américains donnent une image négative de la chrétienté»

Bagdad, 19 janvier 2005 (Apic) «J’ai été traité avec beaucoup de respect et je suis convaincu que les ravisseurs ont fait erreur sur la personne quand ils m’ont enlevé». C’est ce qu’a déclaré à l’agence catholique MISNA Mgr Basile Georges Casmoussa, archevêque catholique de rite syrien de Mossoul, enlevé le 17 janvier et libéré le lendemain.

«Beaucoup pensent que l’on veut toucher l’Eglise pour éviter qu’elle n’obtienne un rôle important dans le futur gouvernement, mais je n’y crois pas du tout. Je crois vraiment que mon enlèvement a été le fruit d’une erreur. D’ailleurs, je n’avais jamais reçu de menaces de ce genre auparavant», a déclaré l’archevêque catholique quelques heures après sa libération. Le prélat admet toutefois que les chrétiens, en minorité dans le pays, se sentent en danger. Il ajoute: Les soldats américains déployés dans plusieurs zones de l’Irak et considérés par les habitants locaux comme des occupants, ont contribué à donner une image négative de la chrétienté aux populations d’autres religions».

«J’étais en visite pastorale à Mossoul et je venais de sortir d’une maison où j’avais donné une bénédiction, quand, vers 17 h 05, j’ai vu une voiture au milieu de la route. Deux personnes armées de fusils en sont sorties, elles m’ont capturé et m’ont forcé à monter bord», a raconté à l’agence Misna Mgr Basile Georges Casmoussa. Confirmant que les ravisseurs étaient de nationalité irakienne, l’archevêque a dit avoir passé la nuit détenu en otage et qu’au matin, les ravisseurs lui avaient demandé son nom et son adresse. Le prélat, qui avait son téléphone portable avec lui, a lui- même invité les ravisseurs à contacter ses confrères. Ils ont parlé à Mgr Petros Mouché, vicaire général du diocèse de Mossoul. Durant le coup de fil, Mgr Casmoussa a pu brièvement parler au vicaire et l’a rassuré sur son état de santé. À 12 h 30, les ravisseurs ont conduit l’archevêque dans la zone est de Mossoul, rue Al-Wahda, et l’ont laissé dans la rue. Le prélat a pris un taxi et il est rentré à sa résidence. «Maintenant, je suis chez moi et je vais bien», assure-t-il. (apic/misna/bb)

19 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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