Le Père Samy Al Raiys n’est pas le premier prêtre enlevé
Irak: Libération du recteur du Grand séminaire de Bagdad après six jours de détention
Bagdad, 11 décembre 2006 (Apic) Après six jours de détention, le Père Samy Al Raiys, prêtre chaldéen catholique et recteur du Grand séminaire de Bagdad, a été libéré par ses ravisseurs dimanche matin, annonce lundi l’agence catholique italienne AsiaNews.
Le Père Samy, qui est également enseignant de morale au Babel College, la Faculté de théologie de la capitale irakienne, se trouvait à quelques mètres de sa maison, dans la rue Sinaa, à Bagdad Jadida (La Nouvelle Bagdad), quand des inconnus l’ont capturé dans la matinée du lundi 4 décembre. Il se rendait à son église de Saint-Georges, Mar Guirguis. Selon des sources chaldéennes à Bagdad, le prêtre libéré se trouve en de bonnes conditions. Après le quartier de Dora, devenu très dangereux pour les chrétiens de Bagdad, c’est au tour de celui de Bagdad Jadida à être pris pour cible par les extrémistes.
Ce nouvel enlèvement a eu lieu à peine une semaine après la libération du Père Doglas Yousef Al Bazi, curé chaldéen de Saint-Elie, à Bagdad, encore en convalescence après 9 jours passés dans des conditions de séquestre difficiles.
Dans les milieux chrétiens de la capitale irakienne, on craint que ce genre d’initiative criminelle soit destiné à toucher les personnalités religieuses les plus actives, dans le but de décourager les chrétiens à rester en Irak.
Au sein de la communauté chaldéenne, l’idée se répand que les menaces et les enlèvements ne sont pas indiscriminés, mais bien plutôt réalisés de façon ciblée. Ils visent les personnalités les plus engagées au sein de la communauté chrétienne, les plus jeunes et les plus courageux. Depuis cet été, la situation s’est fortement détériorée pour les chrétiens, et en septembre, plusieurs églises ont été la cible de tirs et d’attentats, non seulement à Bagdad, mais également à Mossoul, une place forte sunnite.
En septembre dernier, le Père Saad Syrop Hanna, un prêtre enlevé le 15 août dernier dans le quartier de Dora, à Bagdad, a été libéré après paiement d’une rançon. Il était apparu très affaibli et portant des séquelles des mauvais traitements qu’il a subis durant près d’un mois de détention très pénible. Notons que la moitié des quelque 1,2 million de chrétiens irakiens ont fui leur pays depuis l’invasion américaine et la chute de Saddam Hussein en 2003. (apic/asian/be)




