Des éléments criminels exigent une rançon

Irak: Négociations en cours pour la libération de deux prêtres enlevés

Mossoul, 15 octobre 2007 (Apic) Des négociations sont en cours pour la libération de deux prêtres irakiens, les Pères Pius Zuhair Afas et Mazen Ishoa, enlevés par des hommes armés à Mossoul samedi en se rendant à des funérailles. Les ravisseurs ont bloqué leur véhicule vers 16h alors qu’ils se trouvaient dans le quartier d’al-Thawra. Ils se dirigeaient vers l’église de Notre-Dame de Fatima, dans le quartier d’al-Faisaliya.

Selon des sources locales contactées lundi par l’agence de presse catholique Misna, les prêtres pourraient être libérés rapidement. Il s’agirait d’éléments criminels qui négocient une rançon. Dimanche, le pape Benoît XVI avait lancé un message pour la libération des otages. En Irak, les enlèvements à but crapuleux sont depuis quelques années une véritable industrie – très lucrative! – , et de nombreux Irakiens ont fui à l’étranger en raison de l’insécurité. Des personnes enlevées n’ayant pas pu payer une rançon ont été assassinées.

Prêtre syrien-catholique de Mossoul, le Père Zuhair Affas, âgé de 60 ans, est l’un des pionniers de la revue chrétienne irakienne Al-Fikr al-Masihi (La Pensée chrétienne). Il était présent en juin dernier à Sherbrooke (Québec) avec Mgr Georges Casmoussa pour recevoir la Médaille d’or 2007 de l’UCIP, l’Union catholique internationale de la presse (UCIP). Il est responsable du Centre d’études bibliques à Mossoul qui vise à former une élite chrétienne connaissant la Bible. L’autre prêtre enlevé est le jeune Mazen Ishoa, un prêtre de 35 ans ordonné il y a peu.

Mossoul, une ville dangereuse pour les chrétiens

Compagnon du Père Affas, l’archevêque syrien-catholique de Mossoul, Mgr Casmoussa, âgé de 68 ans, fut lui-même la proie d’un groupe terroriste: enlevé le soir du 17 janvier 2005 par des hommes armés au sortir d’une visite pastorale, il fut libéré après deux jours par ses ravisseurs qui avaient l’intention de lui trancher la gorge. Le pape Jean Paul II et d’autres instances gouvernementales étaient intervenus publiquement pour sa libération. Notons qu’à Mossoul, le 3 juin dernier, un groupe terroriste exécutait le Père Raghid Ganni, un jeune prêtre chaldéen âgé de 35 ans, et trois sous-diacres.

Une bonne douzaine de prêtres – avec ou sans permission de leur évêque! – ont trouvé refuge à l’étranger, tant la situation est devenue intenable, témoignage une source ecclésiastique irakienne. Après avoir reçu des menaces de mort – plusieurs d’entre eux ont été enlevés et l’Eglise a dû payer des rançons énormes pour obtenir leur libération – ces prêtres ont dû s’exiler. Ils ont été battus, torturés, les ravisseurs ont essayé de leur faire abjurer leur foi.

A Mossoul, ce sont des fanatiques sunnites qui ont décapité en octobre de l’année dernière le Père Paulos Iskendar, prêtre de l’Eglise orthodoxe syriaque et père de deux enfants, pour lequel une immense somme d’argent avait été exigée par les ravisseurs. Quelques temps plus tard, c’était au tour d’un pasteur protestant d’être assassiné dans la même ville, située à 375 km au nord de Bagdad. Les chrétiens cherchent dans un premier temps à se réfugier dans les villages chrétiens de la Plaine de Ninive ou au Kurdistan. Bien que ne représentant plus que 3% de la population avant l’invasion américaine, les chrétiens irakiens forment bien souvent une grosse proportion des réfugiés qui cherchent à entrer en Syrie ou en Jordanie. (apic/misna/asian/be)

15 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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