Une mission qui suscite la suspicion de prosélytisme

Irak: Premier mort parmi les missionnaires américains présents en Irak

Bagdad, 19 février 2004 (Apic) Les missionnaires américains présents en Irak comptent le premier mort dans leur rang, avec l’assassinat, samedi dernier, du pasteur baptiste John Kelley, âgé de 48 ans. Kelley, pasteur depuis 18 ans de la «Curtis Corner Baptist Church», une petite communauté fondamentaliste indépendante de South Kingstown, à Rhode Island, était un père de famille de 4 enfants.

Le pasteur baptiste John Kelley faisait partie d’un groupe d’une dizaine de missionnaires américains qui se sont rendus le 6 février en Irak pour chercher à fonder une église évangélique. La voiture qui les transportait a été mitraillée sur la route de Mahmoudiyah, à une vingtaine de kilomètres au sud de Bagdad.

Les autres pasteurs blessés dans l’attaque sont les révérends David Davis, de la «Grace Bible Baptist Church» à Vernon, dans le Connecticut, Kirk DiVietro, de la «Grace Baptist Church», à Franklin, dans le Massachusetts, et Garland Carey, de la «Valley Bible Baptist Church» de Newburgh, à New York.

Mission uniquement parmi les chrétiens irakiens

Selon Doug Pettit, pasteur assistant de DiVietro à Franklin, les missionnaires s’apprêtaient à ordonner pasteur un Irakien ayant l’intention de démarrer une communauté, la première église baptiste de Bagdad. Les missionnaires affirment qu’ils voulaient recruter des membres uniquement parmi les chrétiens irakiens et ne pas convertir des musulmans.

Malgré ces promesses, notent les observateurs, la présence de missionnaires chrétiens américains venus dans le sillage des troupes d’occupation ne peut que rendre furieux la grande majorité des Irakiens et fragiliser la situation des chrétiens autochtones, déjà très minoritaires. Ces derniers craignent que la majorité musulmane n’impose une nouvelle Constitution et un régime islamique défavorable aux minorités religieuses et aux femmes.

Le Conseil de gouvernement transitoire, installé par les forces d’occupation, est d’ores et déjà accusé de vouloir porter atteinte aux droits dont jouissaient, sous le régime de Saddam Hussein, les minorités religieuses et les femmes. Les minorités craignent par-dessus tout l’éventualité d’une imposition de la charia, la loi islamique, par une majorité chiite issue des urnes. (apic/independant/be)

19 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!