Après la vague d’attentats anti-chrétiens du jour de l’Epiphanie
Irak: Trois églises visées par des attentats à la voiture piégée mercredi à Kirkouk
Kirkouk, 9 janvier 2008 (Apic) Après les attentats coordonnés contre 3 églises et 3 couvents chrétiens à Bagdad et Mossoul le 6 janvier, dimanche de l’Epiphanie, les terroristes s’en sont à nouveau pris à la présence chrétienne en Irak mercredi. Trois nouvelles églises ont été visées par des attentats à la voiture piégée le 9 janvier à Kirkouk. Selon des sources locales, c’est la première fois que des attaques terroristes ciblent des institutions chrétiennes dans cette grande ville d’autant plus convoitée qu’elle regorge de pétrole.
Ce sont les Kurdes qui, après avoir été expulsés de la région à l’époque de Saddam Hussein, revendiquent les lieux et cherchent à leur tour à en chasser les Arabes, qu’ils soient chiites ou sunnites. Ils s’en prennent également à la forte communauté turkmène, soutenue par la Turquie. Pour le moment, on ne connaît pas encore les auteurs de ces attentats qui ont visé la cathédrale chaldéenne du Sacré Coeur, l’église syrienne-catholique de Saint-Ephrem et une dernière église non encore identifiée.
Les explosions, selon les informations de l’agence de presse catholique romaine AsiaNews, ont eu lieu vers les deux heures de l’après-midi (heure locale). Les autorités ecclésiastiques se sont rendues sur les lieux des attentats pour voir s’il y avait des pertes en vies humaines et des dommages matériels. C’est la première fois que la communauté chrétienne de Kirkouk subit de telles attaques dans une région normalement considérée comme plutôt pacifique.
Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk, estimait le 6 janvier que les attentats de dimanche pourraient faire partie d’un plan coordonné destiné à lancer un message à la communauté chrétienne d’Irak, déjà fortement décimée par l’émigration. Après les attentats de dimanche, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki a rencontré le nonce apostolique à Bagdad, l’Indien Francis Assisi Chullikatt, pour condamner ces attaques et offrir de la part du gouvernement irakien «protection et justice» pour les chrétiens. Il a assuré au représentant du pape que les auteurs de ces crimes seraient pourchassés et punis.
Le vice-président irakien Tareq al-Hashemi, un sunnite, a également sévèrement dénoncé les attentats terroristes visant les communautés chrétiennes, exprimant à cette occasion sa «proximité avec les frères chrétiens».
Alors que la communauté chrétienne d’Irak avait pu fêter Noël dans un calme relatif, un climat de peur s’est à nouveau installé alors que les chrétiens réfugiés en Syrie commençaient à peine à revenir à Bagdad. (apic/asian/be)



