Le calvaire de la minorité chrétienne

Irak : Un archevêque, un prêtre et trois diacres assassinés récemment

Rome, 14 mars 2008 (Apic) L’Irak, particulièrement la région de Mossoul, dans le nord, a été ces derniers temps le théâtre d’enlèvements et d’assassinat de religieux chrétiens. Un archevêque, un prêtre et trois diacres ont ainsi été assassinés tandis que deux prêtres ont été enlevés.

Benoît XVI, à travers de nombreux messages et appels à la libération des otages, a exprimé à plusieurs reprises «la solidarité de l’Eglise» pour les chrétiens d’Irak qui n’ont pas encore émigré.

Les chrétiens en Irak, évangélisés dès le premier siècle, représentent aujourd’hui environ 3% d’une population à 97% musulmane. Depuis l’intervention américaine en 2003, les chrétiens sont souvent considérés comme des collaborateurs des forces américaines et sont l’objet d’enlèvements, d’agressions et d’assassinats. Au régime sécuritaire répressif de Saddam Hussein a succédé l’insécurité généralisée. De nombreuses églises ont été incendiées ou bombardées. Leurs évêques et prêtres ont été enlevés, séquestrés et rançonnés.

Si la majorité des chrétiens irakiens appartiennent à l’Eglise chaldéenne, une Eglise catholique de rite oriental, les autres se dispersent entre les Eglises de rite syriaque occidental, de rite arménien, de rite melkite et de rite latin. Sur un million de chrétiens qui vivaient en Irak dans les années 1980, environ un quart s’est aujourd’hui exilé, particulièrement en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

En 2007, Benoît XVI a lancé de nombreux appels pour la libération d’otages chrétiens, condamnant avec force les assassinats perpétrés sur le sol irakien. Ainsi, en juin 2007, le pape a condamné l’assassinat «insensé» d’un prêtre et de trois diacres. Il avait souhaité s’unir à «la communauté chrétienne de Mossoul», capitale de la province de Ninive, sur les rives du Tigre, et bastion de l’insurrection sunnite.

La mort de Mgr Rahho», un acte de violence inhumaine»

En octobre 2007, le Saint-Siège avait exprimé sa satisfaction après la libération de deux prêtres syro-catholiques irakiens enlevés encore une fois à Mossoul. Benoît XVI avait lancé un appel au lendemain de leur enlèvement. Avec force, le Saint-Siège avait souhaité que ces enlèvements ne se répètent plus. Enfin, après trois appels lancés pour la libération de l’archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Paulos Faraj Rahho, retrouvé mort le 13 mars, le pape a dénoncé cet «acte de violence inhumaine». Il a souhaité que «cet évènement tragique serve à construire un avenir de paix sur cette terre irakienne tourmentée».

Quelques mois plus tôt, en novembre 2007, Benoît XVI avait aussi insisté sur l’importance de la paix pour les «communautés chrétiennes qui se trouvent en Irak» et qui «expérimentent dans leur propre chair, les conséquences dramatiques d’un conflit qui perdure et vivent chaque jour dans une situation politique si fragile et délicate». Au cours de la célébration du consistoire ordinaire public durant lequel le pape avait créé 23 nouveaux cardinaux dont le patriarche de l’Eglise chaldéenne, Emmanuel III Delly, il avait alors exprimé sa «proximité spirituelle et (son) affection pour ces populations», réaffirmant «la solidarité de l’Eglise tout entière envers les chrétiens de cette terre bien-aimée». (apic/imedia/ms/bb)

14 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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