Une ville d’où les chrétiens sont bannis

Irak: Un évêque chaldéen plaide pour Mossoul

Erbil, 28 octobre 2008 (Apic) Incité par l’appel de Benoît XVI, Rabban Al Qas, évêque d’Ammadiya et d’Erbil, demande au premier ministre Al Maliki et aux autorités américaines d’admettre leurs responsabilités dans la violence qui affecte actuellement les chrétiens et qui est le fruit d’un fondamentalisme intolérant ininterrompu.

Cette requête s’adresse aussi au monde islamique et lui demande de condamner ce qui se passe à Mossoul. Le 28 octobre, les évêques chaldéens se réuniront à Erbil avec le nonce apostolique.

La situation à Mossoul reste incendiaire. En quelques semaines, il y a eu 14 morts et plus de 1’000 chrétiens ont dû quitter la ville. Les autorités se renvoient la responsabilité les unes aux autres, alors que le carnage prend de l’ampleur. Rabban Al Qas, évêque d’Arbil, a envoyé un appel dans lequel il déclare que 12 évêques chaldéens se réuniront le 28 octobre à Erbil avec le nonce apostolique pour évaluer la situation en Irak.

L’appel adressé à l’agence de presse AsiaNews demande à «tous les hommes de bonne volonté, à ceux qui respectent l’homme et à tous ceux qui croient en Dieu de condamner les crimes perpétrés contre les chrétiens en Irak, et en particulier à Mossoul».

L’évêque dit avoir été encouragé dans sa démarche par l’appel de Benoît XVI lors de l’Angelus du 26 octobre. Pour lui, le pape est le seul qui n’oublie pas la situation de l’Irak. Le prélat demande aussi aux autorités civiles et religieuses un engagement décisif pour rétablir la primauté du droit et de la coexistence pacifique.

Selon l’évêque, ce qui se passe à Mossoul est la conséquence de l’inaction de l’Etat alliée à une mentalité fanatique à l’égard du fondamentalisme.

Cette tragédie, qui rappelle la situation des chrétiens des premiers siècles, a commencé immédiatement après la chute de Saddam Hussein en 2003. Des milliers de chrétiens et de kurdes musulmans ont été chassés, enlevés, tués forcés de prendre la fuite. Moins d’un quart de la population chrétienne est encore sur place actuellement.

Menaces, sanctions, discrimination, chantage, propagande islamique dans les écoles, slogans sur les murs, tout cela a amené, d’après Mgr Rabban Al Qas, même les musulmans modérés à ne plus prendre la défense des chrétiens. Par peur de représailles, ils n’osent plus ouvrir leurs maisons à des chrétiens ou simplement être amis avec eux.

Pour l’évêque, la situation actuelle est le résultat du long silence du premier ministre et du gouvernement de l’Irak, qui n’ont pas été en mesure de mettre fin à la vague de violence contre les chrétiens. Il leur en attribue la responsabilité ainsi qu’aux forces américaines et au Nations Unies. Il déplore le manque total de réaction de la part des autorités face aux atrocités dont sont victimes les chrétiens.

Mgr Rabban Al Qas renouvelle son appel au premier ministre pour rétablir la paix, en assumant sa responsabilité à l’égard des chrétiens. La Constitution irakienne doit reconnaître et garantir les droits de tous, y compris les chrétiens. L’évêque constate que jusqu’à présent les chrétiens ont eu pour seul refuge contre la violence la région du Kurdistan.

Il s’adresse aussi au monde musulman pour qu’il dénonce ce qui se passe à Mossoul. (apic/asianews/js)

28 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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