Irak: Violences contre le peuple irakien et prises d’otage
L’»Osservatore Romano» s’insurge et s’indigne
Rome, 27 septembre 2004 (Apic) L’»Osservatore Romano» s’insurge contre les violences et les souffrances faites au peuple irakien et contre les prises d’otage, dans son édition du 26 septembre.
«Prises d’otage, attentats, raids aériens, combats, une population en prise à une guerre sans nom». C’est ainsi que «L’Osservatore Romano» a titré son édition de dimanche. L’article de couverture du quotidien officieux du Vatican, imprimé, contrairement à son habitude, sur fond noir et gris, faisait suite à celui de la veille intitulé «Le monde en otage». Celui-ci établissait, sur le même mode, la liste des 22 otages alors détenus en Irak, en plus des vingt-huit non identifiés.
«Le peuple irakien est aujourd’hui l’unique absent du fracas médiatique provenant de la région ensanglantée», s’indigné «L’Osservatore Romano». «Ou pire, il en est la victime», peut-on lire: «Il est victime des terroristes scélérats qui tuent devant une vidéo leurs otages. Il est victime des communiqués froids qui annoncent le n-ième raid aérien entrepris pour capturer le chef d’une bande d’assassins».
Des dommages collatéraux nommés enfants
«En prise à une guerre sans nom, réduite à la faim malgré les richesses de sa terre, la population irakienne est aujourd’hui une population oubliée», a expliqué le quotidien du Vatican. Il a ainsi rappelé que suite à un bombardement, trois enfants irakiens avaient été tués dans la nuit du 25 au 26 septembre, à Fallouja. Leur mort – rendue publique par les quelques lignes d’une agence – ne le sera pas par des moyens de communication de masse, «et leur sacrifice sera interprété par certains comme ’un dommage collatéral’ des opérations qui ont lieu dans le pays», a- t-il encore souligné.
S’il a aussi abordé l’éventualité d’excuses faites à leur famille, il a critiqué le fait que personne ne ferait «d’excuses officielles aux familles des nombreuses victimes des attentats quotidiens, perpétrés dans les villes irakiennes ces derniers mois». «Mais du reste, qui s’est donné la peine de compter les civils tués depuis le début des actions belliqueuses le 20 mars 2003 ?» s’interrogé le quotidien, indigné.
La violence des occupés. et des occupants
Dans son édition du 25 septembre, «L’Osservatore Romano» se penchait davantage sur les prises d’otage en Irak. Etablissant la liste des nombreux otages et précisant leur pays d’origine – Canada, Jordanie, Etats-Unis, Koweït, Liban, France, Italie, Grande-Bretagne, Irak, ex-République yougoslave de Macédoine, Somalie, Iran, Turquie et Egypte -, il a mis en garde contre le fait que leur peur et que l’angoisse de leur famille puissent «être instrumentalisées, et ainsi devenir «des armes de chantage». «Mais leur peur, l’angoisse de leur famille, sont aujourd’hui partagées par tout le monde civil, qui, contre son gré, se trouve être otage de la violence».
Revenant sur les actions entreprises par les différents gouvernements afin de libérer les otages et de faire progresser le processus de paix en Irak, le journal du Saint-Siège a toutefois conclu que le pays était encore «un théâtre de violence», perpétrée par les occupés mais aussi par les occupants. (apic/imedia/ar/pr)



