Arrestations, amendes et autos confisquées devenues la règle
Iran: Le nouveau code vestimentaire stimule le zèle de la police religieuse
Téhéran, 29 mai 2006 (Apic) Arrestations, amendes et autos confisquées sont monnaie courante à Téhéran depuis que la police religieuse iranienne a reçu l’ordre de combattre la résistance à l’islamisation de la société. Elle s’en prend désormais – en vertu du nouveau code vestimentaire – aux «habits non islamiques».
Le Majlis (parlement iranien) a approuvé récemment un projet de loi pour promouvoir une mode féminine iranienne et islamique, les députés conservateurs craignant une «invasion culturelle» venant de l’étranger. La République islamique s’est dotée depuis 1979 d’un code vestimentaire islamique très strict au terme duquel les femmes doivent être voilées de la tête au pied lorsqu’elles sortent de chez elles. Le régime islamique en place à Téhéran a mis sur pied une police et une milice chargées de vérifier que ces règles sont bel et bien appliquées.
Des milliers de femmes et d’hommes ont déjà été avertis et «éduqués»
Morteza Tala’i, chef de la police de Téhéran, a affirmé que ses hommes ont déjà averti et «éduqué» des milliers de femmes et d’hommes pour leur habillement et leur comportement, en dressant un premier bilan de l’action des forces de police religieuse dans la capitale iranienne. 7’000 commerces ont été visités, et 190 ont reçu des contraventions concernant l’interdiction de vendre des vêtements ou d’autres biens «non islamiques».
Dans la même opération, 230 automobiles ont été confisquées parce qu’il y avait «des problèmes avec les femmes», selon Morteza Tala’i.
Le chef de la police avait averti que ses hommes viseraient les taxis transportant des femmes portant une «tenue indécente» – il s’agit d’un espace considéré comme public – et feraient des descentes dans les centres commerciaux populaires où de tels articles sont vendus. Les femmes ne portant pas de foulards en public seront elles aussi arrêtées, avait-il alors précisé.
Les efforts de la police, note l’agence de presse AsiaNews, auront pourtant des effets limités, même s’ils s’appuient sur les «bassij» (ces «volontaires» islamistes révolutionnaires sont plus d’un million en Iran). Ils contribuent cependant à bloquer ou à ralentir l’évolution de la société et à faire régner dans les villes iraniennes un climat de peur et d’autocensure. Cette politique répressive apparaît non seulement ridicule, note l’agence de presse basée à Milan, mais est tout simplement qualifiée de «scandaleuse» par de nombreux habitants de Téhéran, qui estiment que la municipalité et la police devraient plutôt s’occuper du trafic routier.
A Téhéran, en effet, le problème n’est pas la femme sans voile au volant, mais c’est souvent la voiture elle-même qui fait problème: la vieille Paykan, l’auto iranienne qui ne devrait en fait plus circuler. Dans une ville engorgée de 12 millions d’habitants, où le réseau des transports publics est quasi inexistant, la circulation est chaotique, les routes défectueuses et la pollution de l’air causent quotidiennement plusieurs dizaines de morts. (apic/asianews/be)



