Iran: Pas d’accès à l’université pour les baha’is
En raison de «dossiers incomplets»
Téhéran, 13 octobre 2008 (Apic) Alors que l’année universitaire reprend en Iran, les jeunes bahá’ís se sont vus, une fois de plus, refuser l’accès à l’enseignement supérieur. C’est ce que communique la communauté baha’ie de Genève le 13 octobre.
Même si dans ses prises de positions publiques le gouvernement iranien maintient que les bahá’ís sont libres d’accéder à l’université, les rapports provenant d’Iran au cours des dernières semaines indiquent que la politique visant à empêcher les bahá’ís d’accéder à une formation supérieure demeure effective. Les étudiants bahá’ís ayant essayé d’entrer à l’université ou dans d’autres institutions d’enseignement supérieur cet automne ont encore une fois constaté que leurs résultats à l’examen d’entrée étaient gelés et leurs dossiers listés comme «incomplets» sur le site internet de l’organisme national en charge de l’examen.
Les bahá’ís ayant réussi à s’inscrire à l’université les années précédentes continuent à être exclus. Ceux qui ont essayé d’obtenir réparation par la justice ont été déçus et leurs plaintes rejetées. «Ces politiques gouvernementales ont pour effet de fermer la porte des universités aux bahá’ís, malgré les engagements internationaux garantissant le droit à l’éducation que l’Iran devrait honorer…»a déclaré Bani Dugal, principale représentante de la communauté baha’ie auprès des Nations Unies. Une méthode appliquée cette année pour empêcher les bahá’ís de s’inscrire à l’université est de bloquer leurs résultats d’examen et de déclarer leurs dossiers «incomplets», bien que les étudiants bahá’ís aient scrupuleusement fourni toutes les informations demandées et passé les examens avec succès. L’année dernière, pour l’année universitaire 2007-2008, sur plus de 1’000 étudiants bahá’ís ayant réussi l’examen, près de 800 ont été exclus en raison de «dossiers incomplets». Les étudiants qui ont contesté le fait que leurs dossiers aient été incomplets n’ont jusqu’à maintenant pas rencontré de succès devant les tribunaux iraniens.
Des rapports récents indiquent également que les bahá’ís – très peu nombreux – encore inscrits à l’université sont exclus dès que leur croyance religieuse est découverte. Au mois d’août par exemple, une étudiante de l’université Fazilat a été convoquée par les autorités à trois semaines de la fin de l’année ; comme elle refusait de renier sa foi, elle a été expulsée de l’université.
Toutefois, le soutien en faveur des étudiants iraniens bahá’ís par de nombreux Iraniens, tant au pays qu’en dehors, s’accroît. A noter particulièrement un article publié par Ahmad Batebi, un défenseur renommé des droits de l’Homme en exil. Intitulé «Les bahá’ís et l’éducation supérieure en Iran», publié le 2 septembre 2008 sur «Rooz Online», l’article proteste contre le refus d’accès à l’éducation supérieure opposé aux bahá’ís et contre les persécutions des bahá’ís en Iran en général. (apic/com/js)



