Iran: Tuer un musulman, un chrétien ou un juif aura le même prix

Mais le «prix du sang» reste deux fois plus élevé pour un homme

Téhéran, 2 juin 2002 (APIC) Les musulmans, chrétiens et juifs seront désormais égaux devant le «prix du sang» en Iran. Cette forme de réparation financière coûtera le même montant pour les meurtriers de personnes de ces trois confessions. La décision a été annoncée samedi par le gouvernement de Téhéran. Mais tuer un homme restera deux fois plus cher qu’une femme.

Le «dieh» (»prix du sang») que doit payer notamment une personne condamnée pour homicide volontaire afin d’éviter l’exécution est fixé jusqu’ici à 16 millions de rials (20’000 dollars) pour le meurtre d’un homme et à 8 millions (10’000 dollars) pour le meurtre d’une femme.

Jusqu’ici, la jurisprudence avait fixé à la moitié de ces deux sommes les prix à payer lorsque les meurtres avaient été commis à l’encontre des membres des minorités religieuses «reconnues»: juifs, chrétiens et zoroastriens.

Les représentants des minorités. qui comptent au total quelque 300’000 personnes, essentiellement des chrétiens arméniens, s’étaient élevés contre cette «discrimination». La décision du gouvernement maintient toutefois que le «dieh» est deux fois moins élevé pour une femme que pour un homme, toutes confessions confondues.

Le «dieh» est demandé en cas d’homicide volontaire, pour échapper à l’exécution, qui peut aussi être évitée avec le pardon des familles. Mais il est aussi invoqué parfois en cas d’homicide involontaire, notamment lorsqu’un conducteur sans permis tue un passant ou provoque un accident mortel.

La décision prise par le gouvernement doit encore recevoir l’aval du guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, avant d’entrer en vigueur. (apic/ag/bb)

2 juin 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!