Iran: Visite du Groupe de travail «Islam» de la Conférence des évêques suisses

Mgr Pierre Bürcher rencontre les minorités chrétiennes

Téhéran/Fribourg, 24 avril 2006 (Apic) Le Groupe de travail «Islam» de la Conférence des évêques suisses (CES), qui a achevé ce lundi une visite d’une semaine en Iran, tire un bilan positif de sa visite dans la République islamique. Il a pu visiter les minorités chrétiennes d’Iran.

Ce séjour répondait à la visite en Suisse en septembre dernier de l’organisation iranienne «Islamic Culture and Relations Organization» (ICRO). A l’issue de ce séjour, l’ayatollah Mahmoud Mohammadi Araqi, président de l’ICRO, avait alors invité le Groupe de travail «Islam» (GTI) dans son pays. La délégation de dix personnes – emmenée par son président Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg – s’est rendue en Iran du 17 au 24 avril dans le but de contribuer à la promotion du dialogue interreligieux.

Les priorités que s’était fixées le GTI à cette occasion ont pu être réalisées: la rencontre avec les minorités chrétiennes présentes en Iran ainsi que le dialogue interreligieux avec les représentants musulmans iraniens.

Rencontre avec des évêques catholiques et orthodoxe

La délégation du GTI s’est dite «impressionnée par la qualité d’accueil» des hôtes iraniens. Elle a pu accomplir largement son programme tel qu’envisagé. L’ICRO lui a donné la possibilité de visiter des communautés et des sites historiques souvent ignorés en Occident: par exemple la bibliothèque Mar’ashi de Qom, la mosquée de l’Imam, l’église arménienne-orthodoxe et le temple du feu des zoroastriens à Ispahan. Le GTI a rencontré en Iran les évêques catholiques des rites assyro-chaldéen et latin, l’évêque arménien-orthodoxe et des représentants protestants.

Selon un communiqué diffusé lundi par la CES, le GTI a pu expérimenter concrètement, sur le terrain, les points qui font encore difficulté. La liberté de religion ne se limite pas à la liberté de culte. L’Iran comme la Suisse ont reconnu en droit la liberté de religion comme impliquant «la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement.»

Pour réaliser ce droit inscrit dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (art. 18,1), des communautés religieuses, dans les deux pays, demandent l’aide matérielle de l’Etat. Le dialogue initié l’an dernier entre l’ICRO et le GTI va se poursuivre selon des modalités à définir prochainement. Un premier résultat concret sera la publication, en Iran et dans deux langues, d’un livre relatant les exposés et les rencontres qui ont eu pour but de contribuer au développement du dialogue culturel et interreligieux.

Le GTI s’engage dans le dialogue islamo-chrétien en voulant aider les prêtres et les autres personnes engagées dans la pastorale à résoudre les questions importantes qui se posent à ce sujet dans le contexte helvétique. Le respect de l’autre et le dialogue présupposent notamment une connaissance approfondie de la pensée et de la mentalité du partenaire de dialogue. Cette attitude fondamentale d’ouverture au dialogue empêche l’intolérance et la ghettoïsation d’une communauté culturelle et religieuse. Ainsi, il est fondamental que les représentants des différentes religions se rencontrent au même niveau comme des partenaires.

Dans le sillage de ce congrès iranien, Mgr Bürcher s’est rendu jusqu’au jeudi 27 avril au Qatar pour participer aux «Trialogue de Doha» qui réunit des représentants chrétiens, juifs et musulmans. (apic/com/mg/be)

24 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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