Des congrégations religieuses et l’Etat passent à la caisse

Irlande: 128 millions d’euros à des victimes de religieux pédophiles

Dublin, 31 janvier 2002 (APIC) Des congrégations catholiques irlandaises ont accepté mercredi de payer 128 millions d’euros d’indemnités à des victimes d’abus sexuels et de violences dans des institutions qu’elles géraient.

Au-delà de cette somme, le gouvernement irlandais prendra en charge les indemnités allouées aux victimes qui ont subi des sévices, lorsqu’elles étaient enfants, dans des institutions financées par l’Etat mais gérées par des congrégations religieuses. L’indemnisation des victimes pourrait s’élever au total à 250 à 500 millions d’euros.

Il a fallu un an au gouvernement pour parvenir à un accord avec l’Eglise sur l’indemnisation des victimes, qui sera inscrit dans un projet de loi examiné actuellement par le parlement. Une commission d’enquête a été établie par le gouvernement irlandais en 2000 pour faire la lumière sur les violences et les abus sexuels dont ont été victimes des enfants dans ces institutions (orphelinats, centres pour mineurs délinquants, hôpitaux…).

Plus de 3’000 personnes se sont déjà proposé de témoigner devant la commission pour des abus dont elles ont été victimes dans le passé. Il s’agit principalement de personnes originaires d’Irlande et de Grande- Bretagne, mais aussi d’Irlandais vivant dans des pays européens, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. Les frais de déplacement et de subsistance des victimes appelées à témoigner seront pris en charge par l’Etat, de même que ceux de leurs compagnons, de leurs avocats ou les honoraires de ces derniers.

Le pardon de l’Etat et de l’Eglise

Cette commission d’enquête avait été mise en place après que le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, eut demandé pardon aux victimes au nom de l’Etat, accusé de n’avoir pas rempli son rôle de surveillance de ces institutions. Plusieurs congrégations religieuses ont également demandé pardon aux victimes.

La police continue de son côté ses enquêtes sur certaines institutions et des ecclésiastiques ont été jetés en prison. Le ministre irlandais de l’Education Michael Woods a souhaité mercredi que cet accord reflète «l’intention sincère des parties de dédommager» les victimes et aide le processus de guérison et de réconciliation.

Alors qu’elles étaient enfants, les victimes avaient parlé des mauvais traitements dont elles étaient victimes, mais s’étaient heurté à l’indifférence ou au scepticisme des adultes. (apic/ag/pr)

31 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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