Un prêtre irlandais dans la course

Irlande: Conseils aux paroissiens, spiritualité et courses de chevaux

Dublin, 5 juin 2005 (Apic) L’abbé Sean Breen ne se contente pas de donner des conseils spirituels à ses ouailles, il leur fournit encore des indications sur les chevaux de course. Prêtre catholique, «aumônier officieux» des milieux hippiques, il est un visage bien connu de ceux qui fréquentent les champs des courses.

On peut le voir à toutes les rencontres, s’adonnant à sa passion pour ce qui est considéré en Irlande comme le sport des rois. «Avant de devenir prêtre, lorsque j’avais 18 ans, je suis allé à Dublin et mon frère avait l’habitude de m’emmener aux courses de Leopardstown. Il m’a donné le virus», a déclaré Sean Breen à l’agence oecuménique d’information ENI, basée à Genève.

C’est ainsi qu’il explique comment lui est venu sa passion pour les chevaux. «Plus tard, un de mes premiers postes a été celui de vicaire à Glencullen dans les montagnes de Dublin – et comme un paroissien avait des écuries dans la ville voisine de Dandyford, j’allais voir ses chevaux après la messe du dimanche.»

Achat de chevaux de course

Au cours des années, Sean Breen s’est lancé dans l’achat de chevaux de course. L’un de ses premiers chevaux était appelé «nobody knows» (»personne ne sait»). «Les gens avaient l’habitude de venir me demander quel était le nom du cheval. Je leur répondais ’nobody knows’ et cela les déconcertait», plaisante-t-il.

Sean Breen se rappelle du succès obtenu avec le Heavenly Syndicate et leur cheval OneWonOne. «Nous avions acheté ce cheval en Floride et il a gagné douze courses pour nous. C’était à une époque le plus grand sprinter d’Irlande et nous avons parcouru le monde, allant même à Hong-Kong et à Dubai avec ce cheval», raconte le prêtre turfiste.

S’il se sent attiré par les courses, c’est parce qu’il ne se sentirait pas bien s’il ne voyait pas un cheval au moins une fois par semaine – «c’est ma drogue», explique-t-il au correspondant d’ENI.

«Cela n’a rien à voir avec le jeu; c’est un milieu très sociable, je peux aller aux courses seul et rencontrer 20 ou 30 personnes. C’est bien pour garder les contacts. Je sais qui est malade et qui a des problèmes et parfois l’on me demande un conseil spirituel.»

Le prêtre fait partie de la Commission d’appel des bookmakers pour les courses de chevaux en Irlande et il est un pronostiqueur réputé. Sa paroisse se trouve à Ballymore Eustace, dans le comté de Kildare, près de Punchestown, l’un des plus grand champs de courses en Irlande. Chaque dimanche il donne des tuyaux à ses paroissiens après la messe. Ainsi «je suis leur gardien spirituel et j’essaie aussi de veiller à leur situation matérielle.» Sa réputation est celle d’un expert professionnel mais il confie ne pas recevoir d’inspiration divine lorsqu’il fait des pronostics. (apic/eni/be)

5 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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