L’information catholique, un instrument au service de la paix

Irlande: Rencontre annuelle des porte-parole des Conférences épiscopales d’Europe

Maynooth, 26 juillet 2006 (Apic) Du 20 au 23 juillet, se sont réunis à Maynooth (Irlande) les attachés de presse et porte-parole des Conférences épiscopales d’Europe. Les 39 participants représentant 24 pays ont manifesté leur volonté de voir l’information de l’Eglise catholique comme instrument fort au service de la paix.

La rencontre organisée par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) a eu pour cadre le St. Patrick’s College de Maynooth, le séminaire national irlandais, fondé en 1795. Y ont pris part des porte-parole d’Allemagne, Angleterre et pays de Galles, Autriche, Belgique, Biélorussie, Écosse, Espagne, Estonie, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pologne, Roumanie, Russie, Suède, Slovaquie, Slovénie, Suisse et République Tchèque.

L’information liée à l’Église catholique doit être un instrument fort au service de la paix dans en moment crucial de l’histoire du monde, soutient le CCEE dans un communiqué diffusé le 26 juillet et signé de son attaché de presse Thierry Bonaventura. Les porte-parole et les attachés de presse des Conférences épiscopales ont répondu à l’appel que leur a adressé Mgr Sean Brady, archevêque d’Armagh et président de la Conférence épiscopale d’Irlande: «Je souhaite que dans vos débats, vous puissiez définir des modalités très concrètes pour mobiliser l’opinion publique en faveur de la paix, qui est particulièrement menacée en ce moment», car «l’une des raisons d’être du CCEE, c’est de contribuer à surmonter les obstacles qui pèsent sur l’avenir de la paix et sur le bien-être des peuples».

Pour des rapports fructueux entre Eglise et médias

Mgr Joseph Duffy, président de la Commission pour les communications sociales de la Conférence épiscopale d’Irlande, a invité les participants à approfondir les rapports entre l’Eglise et les moyens de communication sociale. «Un bon point de départ pourrait être de réfléchir sur les moyens à mettre en oeuvre pour obtenir un bon niveau de compréhension et de tolérance entre l’Eglise et monde des médias», car «notre tâche est de créer un milieu où les rapports de travail entre l’Eglise et les médias puissent devenir plus fructueux et mieux répondre aux nouveaux chemins de la vérité».

Parmi les principaux autres thèmes abordés par les participants figue la présence de l’islam en Europe et les défis qui en découlent pour l’Eglise. «L’attitude des gens vis-à-vis de l’islam peut aller en effet de la fascination à la crainte», a lancé Mgr Peter Fleetwood, vice secrétaire général du CCEE. Presque tous les Européens se sont fait une opinion sur l’islam et sur les musulmans, mais dans la plupart des cas, elle se fonde sur une connaissance très approximative de ce à quoi les musulmans croient et de ce qu’ils vivent. La grande majorité des musulmans, qui ne se reconnaissent ni dans la ligne du fondamentalisme, ni dans celle d’un islam sécularisé, souhaitent vivre leur foi dans la normalité. C’est avec cette majorité qu’il faut rechercher la rencontre, la réciprocité et la collaboration sur des valeurs communes telles que la vie, la paix, la liberté religieuse ou la justice, a affirmé Mgr Fleetwood.

La liberté de la presse, un droit humain social et politique

Le thème «Liberté de la presse et le respect des religions» a été présenté par Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire de Coire en Suisse et président de la Commission épiscopale européenne pour les médias (CEEM). Il a rappelé que «la liberté de la presse est un droit humain social et politique, et pas seulement un droit individuel, comme le sont la liberté d’opinion et la liberté religieuse». Du point de vue éthique, il en résulte que «la liberté de la presse doit être réglée en premier lieu en fonction des principes de l’éthique sociale qui sont le bien commun, le principe de solidarité et le principe de subsidiarité. En deuxième lieu, la liberté de presse doit tenir compte des principes de l’éthique journalistique individuelle: la vérité, la probité et le respect des destinataires de la communications, et des personnes ou communautés auprès desquelles on s’informe.

L’application de ces principes dans le domaine religieux est particulièrement délicate et rend difficile le travail du communicateur, estime Mgr Henrici. En effet, la religion tend à définir non seulement l’identité personnelle, mais surtout l’identité communautaire, et elle est en soi un bien commun à protéger. En outre, nous nous trouvons devant plusieurs «vérités» religieuses en concurrence entre elles, et le communicateur lui-même adhère à l’une d’elles. D’où la difficulté de comprendre la religion des autres et à informer objectivement. Un communicateur qui s’occupe de religion doit d’une part accepter pleinement son appartenance religieuse, et de l’autre savoir être objectif, capable de distinguer entre information et commentaire de l’information. Le destinataire doit pouvoir toujours comprendre où s’arrête l’information objective et où commence le commentaire personnel.

À l’occasion de la Troisième Assemblée Oecuménique d’Europe, qui culminera à Sibiu (Roumanie) du 4 au 9 septembre 2007, avec la participation de 2’500 délégués de tous les pays d’Europe, les porte-parole des Conférences épiscopales entendent lancer un débat dans l’opinion publique sur la contribution des chrétiens à la création d’un espace de paix, de réconciliation et de solidarité en Europe, pour qu’elle puisse avoir un rôle de protagoniste dans le monde actuel. (apic/com/bb)

26 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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