Menace sur la nature de l’Etat juif
Israël: Baisse des conversions au judaïsme parmi les nouveaux immigrants
Jérusalem, 17 décembre 1999 (APIC) Israël connaît une baisse notable des conversions au judaïsme parmi les nouveaux immigrants. L’accroissement récent, de quelque 1’000 convertis en 1996 à environ 2’500 en 1998, est en effet dû en bonne partie à l’arrivée à l’âge de 13 ans d’enfants issus de parents convertis ou adoptés par des parents juifs.
Sur 8’900 convertis ces dernières années, on ne compte que 4’400 adultes qui ont accompli la procédure de conversion dans le cadre de l’administration pour les conversions du Grand Rabbinat. Près de 40% d’entre eux sont des immigrants éthiopiens, pour lesquels la procédure de conversion est moins rigoureuse.
Les milieux religieux juifs déplorent ce piètre résultat, en insistant sur le fait que ces dernières années on estime entre 250 et 300’000 les immigrants non juifs de l’ex-Union soviétique qui se sont installés en Israël. Les tendances nationalistes religieuses dénoncent cette arrivée massive en Israël de «chrétiens mangeurs de porc» qui risquent de porter atteinte à la nature de l’Etat juif. Des manifestations ont déjà eu lieu dans certaines agglomérations israéliennes contre des commerces de viande de porc, accompagnés de slogans anti-russes et anti-chrétiens.
Près de 300’000 immigrants non juifs
Pour pallier ce danger, la Knesseth a nommé une commission parlementaire chargée de durcir la «Loi du Retour» qui permet à toute personne d’ascendance juive où que ce soit dans le monde de venir s’installer en Israël. Cette Commission sur l’Immigration et l’Absorption devrait commencer son travail le mois prochain. Les changements devraient notamment préciser l’abolition de l’octroi automatique de la citoyenneté israélienne pour les petits-enfants non juifs d’immigrants juifs.
Yuli Tamir, le ministre en charge de l’Immigration et de l’Absorption des nouveaux immigrants est fermement opposé à tout amendement de la Loi du Retour. Le Premier Ministre Ehud Barak n’a pas encore fait connaître sa position sur la question, mais il semblerait même favorable à faire disparaître la mention de la nationalité de la carte d’identité israélienne. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, cette mention a des effets discriminatoires sur les citoyens non juifs d’Israël.
Les karaïtes souffrent aussi de discriminations
Notons encore que la communauté des karaïtes, issue d’un courant juif né à Babylone au VIIIème siècle – qui se caractérise par son rejet de la tradition orale et par son attachement au pied de la lettre aux textes sacrés – vient d’adresser un recours à la Cour Suprême israélienne contre la discrimination dont elle est victime. Elle ne fait pas partie des courants religieux orthodoxes qui dominent en Israël.
La communauté karaïte réclame la reprise des versements qui lui étaient alloués jusqu’à ces dernières années par le Ministère israélien des Affaires religieuses et le Ministère de l’Intérieur afin qu’elle puisse fournir ses services religieux comme les autres communautés juives. Les karaïtes, membres d’une secte juive ancienne comptant près de 20’000 membres en Israël, résident dans une dizaine de localités, principalement dans le sud du pays. S’il sont sujets à la conscription dans l’armée israélienne, ils ne se marient pas avec des membres du reste de la population juive. (apic/jpost/haar/be)



