Israël contraint 37 ONG à cesser leur action humanitaire à Gaza
Quelque 37 organisations humanitaires ont reçu, le 30 décembre 2025, une notification des autorités israéliennes les informant que leur «enregistrement» expirerait le lendemain, 31 décembre. Caritas Internationalis et Caritas Jerusalem figurent sur la liste des ONG concernées pour non-respect des nouvelles règles d’enregistrement imposées par Israël. Les ONG alertent sur le conséquences dramatiques d’une telle interdiction pour la population.
À compter du 31 décembre, rapporte l’agence Fides, les autorités israéliennes accordaient aux 37 organisations un délai de 60 jours pour cesser leurs opérations d’aide humanitaire à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Caritas Internationalis et Caritas Jerusalem figurent sur la liste des 37 ONG concernée par cette notification
Les mesures prises par les autorités israéliennes ont été justifiées par le non-respect des exigences prévues par les nouvelles règles d’enregistrement, et en particulier par la non-communication des données personnelles «complètes» relatives aux membres de leur personnel respectif.
Rappelant les 500 travailleurs humanitaires tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023, les ONG expliquent qu’elles «ne peuvent pas transférer de données personnelles sensibles à une partie au conflit, car cela violerait les principes humanitaires, le devoir de diligence et les obligations en matière de protection des données. Les fausses informations discréditent les organisations humanitaires, mettent en danger le personnel et compromettent la fourniture de l’aide».
Protection des données
Le 31 décembre 2025, le porte-parole du Patriarcat latin de Jérusalem, Farid Jubran, a publié un communiqué pour préciser que Caritas Jérusalem «est une organisation humanitaire et de développement qui opère sous l’égide et la gouvernance de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte. En Israël, Caritas Jérusalem est une personne morale ecclésiastique, dont le statut et la mission ont été reconnus par l’État d’Israël à travers l’Accord fondamental de 1993 et l’Accord de personnalité juridique de 1997, signés entre le Saint-Siège et l’État d’Israël». À la lumière de cela, «Caritas Jérusalem n’a engagé aucune procédure de réenregistrement auprès des autorités israéliennes».
53 organisations humanitaires internationales opérant dans les Territoires palestiniens ont dénoncé dans une déclaration commune que «les récentes mesures d’enregistrement adoptées par Israël entraveront l’action humanitaire cruciale à un moment où les civils sont confrontés à des besoins humanitaires aigus et généralisés, malgré le cessez-le-feu à Gaza».
Antonio Guterres, «très inquiet de l’annonce des autorités israéliennes de suspendre les opérations de plusieurs ONG internationales dans les territoires palestiniens occupés», «appelle cette mesure à être annulée», a indiqué Stéphane Dujarric, le porte-parole de l’ONU. Ces organisations internationales «sont indispensables pour le travail humanitaire vital et cette suspension risque de saper les fragiles progrès faits pendant le cessez-le-feu» à Gaza, a ajouté le secrétaire général de l’ONU. «Cette annonce s’ajoute à de précédentes restrictions qui ont déjà ralenti l’entrée cruciale de nourriture, d’équipements médicaux et d’hygiène et d’abris à Gaza. Cette récente décision va encore exacerber la crise humanitaire que subissent les Palestiniens», a-t-il déploré.
Travail humanitaire compromis
Les ONG réaffirment leur engagement à fournir «une aide vitale à grande échelle» en collaboration avec les Nations Unies et les organisations de la société civile palestinienne, et demandent à Israël de revenir sur ses mesures qui compromettent un travail humanitaire actuellement indispensable. La note est signée, entre autres, par Oxfam, Médecins Sans Frontières, Pax Christi USA, Islamic Relief et Emergency.
La note souligne qu’en Palestine, les organisations humanitaires touchées par les mesures prises par les autorités israéliennes «soutiennent 60 % des hôpitaux de campagne, mettent en œuvre près des trois quarts des activités d’accueil et de fourniture de biens non alimentaires et fournissent tous les soins aux enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. Leur retrait entraînerait la fermeture des structures sanitaires, l’interruption des distributions alimentaires, l’effondrement des conduites d’approvisionnement des logements et l’interruption des soins vitaux».
Alors que «Caritas Internationalis n’engage ni ne mène aucune intervention directe à l’intérieur du pays. Caritas Jérusalem, ajoutait le communiqué, «poursuivra ses opérations humanitaires et de développement à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem, conformément à son mandat». (cath.ch/fides/bh)





