Pour une vision commune avec tous les Palestiniens

Israël: Des chrétiens arabes exhortent leurs compatriotes à surmonter les divisions

Jérusalem, 16 mai 2003 (Apic) Plusieurs responsables d’Eglise et spécialistes arabes de Terre sainte ont appelé les Israéliens à cesser d’exacerber les divisions entre musulmans et chrétiens. Ils leur demandent de chercher plutôt une vision commune avec tous les Palestiniens.

Cet appel chargé d’émotion a été lancé à Jérusalem lors d’une conférence sur le christianisme contemporain en Terre sainte, informe l’agence d’information oecuménique ENI. La rencontre s’est tenue les 13 et 14 mai sous les auspices de l’Institut de recherche Harry S. Truman pour l’avancement de la paix, de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Une relation dictée par des motifs politiques

Bernard Sabella, de l’Université de Bethléem, a fait remarquer aux participants que la politique israélienne sur les relations entre musulmans et chrétiens palestiniens était dictée par des motifs politiques. «Au lieu de choisir la vision commune avec les Palestiniens – musulmans et chrétiens – les Israéliens exploitent les contradictions et les facteurs de divisions, avec l’espoir de prouver au monde qu’Israël est l’élément protecteur des minorités», a-t-il expliqué. «Je trouve que c’est une approche effrayante.»

Pour Bernard Sabella, un expert catholique romain sur la population chrétienne en Terre sainte, les Israéliens devraient changer leur ligne. «Moi-même, un chrétien palestinien, j’ai comme perspective de voir les miens faire la paix avec votre peuple», a-t-il dit aux juifs israéliens présents dans l’assemblée. «Et si nous n’agissons pas dans ce sens, il n’y a aucun espoir – pour les chrétiens palestiniens, les musulmans ou les juifs israéliens.»

«Arabe, palestinien et israélien chrétien»

L’archevêque anglican de Jérusalem, Riah Abu El-Assal, a expliqué que les chrétiens arabes d’Israël comme lui occupent une position unique. Le prélat, qui vient de Nazareth, se considère comme «un arabe, un palestinien et un israélien chrétien». «Mieux que tout autre Israélien, nous pouvons parler aux leaders palestiniens», a-t-il lancé. «Nous sommes sur la branche de l’arbre national arabe. La patrie de la nation arabe est notre patrie. La culture arabe est notre culture.» En même temps, des chrétiens arabes sont aussi israéliens, et ils ont des droits en Israël, a-t-il souligné.

Alors que les Israéliens se réfèrent souvent à leur pays comme un Etat juif, l’évêque El Assal le voit différemment. «Israël n’est pas seulement l’Etat du peuple juif, c’est l’Etat de tous ses citoyens, parmi lesquels 1,3 million de ceux [principalement arabes musulmans] qui ne sont pas juifs».

Les chrétiens, un sujet peu connu des Israéliens

L’une des coordinatrices de la conférence, Daphne Tsimhoni, estime que cette tribune est nécessaire pour permettre aux Israéliens de mieux comprendre la situation des chrétiens en Terre sainte. «Le sujet des chrétiens est resté l’un des moins étudiés par les universitaires israéliens et il est très peu connu des Israéliens. Cette rencontre a contribué à combler cette lacune.» (apic/eni/bb)

16 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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