La population palestinienne otage de la politique israélienne
Israël: Document sévère du CICR sur la politique d’Israël en Cisjordanie et à Gaza
Genève, 14 décembre 2007 (Apic) La Croix-Rouge internationale lance un pavé dans la marre d’Israël, après la conférence d’Annapolis, aux Etats-Unis. La politique du gouvernement israélien à l’égard des Palestiniens est mise à mal dans un document écrit en termes sévères, au titre du reste évocateur: «Déni de dignité».
«La dignité des Palestiniens est bafouée jour après jour aussi bien en Cisjordanie que dans la Bande de Gaza. Les strictes mesures imposées par l’État d’Israël ont un coût énorme en termes humanitaires et laissent à ceux qui vivent sous occupation juste de quoi survivre, mais pas assez pour vivre une vie normale et digne», lit-on dans le rapport du Comité international de la Croix rouge (Cicr), en prévision du prochain sommet des pays donateurs pour la Palestine, le 17 septembre à Paris.
Le document fait le point sur les conditions de vie dans les territoires palestiniens occupés en recourant à d’inhabituels termes sévères pour invoquer des «mesures politiques immédiates» afin de trouver une solution à la crise. «Israël a le droit de protéger ses citoyens – poursuit le rapport de 12 pages intitulé: «Déni de dignité» -, mais il devrait toujours y avoir un équilibre entre le soucis israélien de sécurité et la protection des droits et des libertés des habitants palestiniens qui vivent sous occupation».
D’après le Cicr, la population civile palestinienne est devenue «l’otage du conflit» et, pendant que les habitants de Gaza «voient leurs droits humanitaires bafoués par les réductions d’énergie et de carburant», en Cisjordanie, «la construction de nouvelles colonies compromet de diverses façons la vie de la population locale et soumet cette dernière, dans certains cas, à la violence des colons».
Faisant écho aux inquiétudes du Cicr, Jeremy Hobbes, président d’Oxfam, organisation humanitaire internationale active dans les territoires palestiniens depuis les années 80, a demandé que «la communauté internationale insiste auprès d’Israël pour qu’elle change sa politique envers les territoires occupés, qui a déjà rendu inefficaces des millions de dollars d’aides».
Même la Banque mondiale.
Selon Hobbes, «les gouvernements – réd.: des pays donateurs – réunis à Paris doivent faire pression sur l’État hébreu pour qu’il respecte les engagements humanitaires» valorisés par le droit international. La réunion qui se tiendra dans la capitale française représente le volant économique du projet de reprise des négociations de paix, annoncé le mois dernier à Annapolis.
Plus de 70 pays et organisations internationales soutenant l’Autorité nationale palestinienne (Anp) du président Mahmoud Abbas prendront part à cette Conférence de Paris. «Mais les projets destinés à relancer l’économie dans les territoires occupés ne fonctionneront pas tant que les restrictions imposées par Israël sur la circulation des marchandises et des personnes ne seront pas levées», a averti aujourd’hui la Banque mondiale. Un autre pavé dans la marre. (apic/misna/pr)



