L’ambassadeur d’Israël dresse le bilan des relations avec le Vatican
Israël: Inauguration du nouveau musée de la Shoah de Yad Vashem
Jérusalem/Rome, 16 mars 2005 (Apic) Le mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dédié à la mémoire des millions de Juifs d’Europe exterminés par les nazis, a inauguré son nouveau musée, le 15 mars 2005, devant un parterre de chefs d’Etat et de gouvernement. Le cardinal Jean-Louis Tauran, archiviste et bibliothécaire du Vatican, y a représenté le Saint-Siège en tant qu’envoyé de Jean Paul II.
Ce rendez-vous diplomatique, auquel participe l’ancien «ministre des Affaires étrangères» du Vatican, a été l’occasion pour Oded Ben Hur, ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, de dresser pour I’Apic un bilan des relations entre les deux Etats. Et parler des perspectives
Cette venue du cardinal Tauran se «combine avec le fait que dans peu de temps nous arriverons à la conclusion d’un accord juridico-financier», a d’emblée fait remarquer l’ambassadeur israélien. Les négociations entre le Saint-Siège et Israël pour la conclusion d’un accord juridico-financier reprendront le 31 mars prochain. Cette rencontre sera suivie de deux autres, les 20 et 21 avril 2005.
Après la reconnaissance d’Israël par le Saint-Siège le 30 décembre 1993, et la convention diplomatique du 15 juin 1994, l’accord juridique et financier à l’étude depuis 10 ans doit compléter ce dispositif. Le texte doit porter sur quatre points : les taxes sur les propriétés, l’accès des Eglises aux tribunaux israéliens, l’exemption de taxes sur les véhicules et celle sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes.
Pour l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège, «grâce à un engagement explicite du premier ministre, nous espérons conclure cet accord le plus vite possible». Il a alors expliqué que son gouvernement voulait aboutir rapidement, afin que le processus de retrait israélien de la bande de Gaza ne vienne pas interférer dans les négociations.
La conclusion de cet accord ouvrirait, selon Oded Ben Hur, une nouvelle phase des relations entre les deux Etats, permettant la mise en place d’un «agenda politique» : échanges de visites officielles, réflexions communes et suivies sur des sujets d’intérêts communs comme l’antisémitisme, le terrorisme islamiste, l’extrémisme islamiste, la politique proche-orientale, la collaboration culturelle.
Des modèles uniques.
Cependant, «les rapports entre le Vatican et l’Etat d’Israël ne seront jamais comme entre deux Etats normaux. Nous sommes des modèles uniques dans le système des relations internationales du point de vue de notre histoire très mouvementée et de nos racines communes», a estimé le diplomate.
Par ailleurs, l’ambassadeur israélien se veut le fer de lance de la relance des pèlerinages chrétiens en Terre Sainte. C’est dans ce but que les ministres israéliens et palestiniens du tourisme devaient se rendre au Vatican le 25 février dernier. Cette visite n’a pu avoir lieu suite à la formation du gouvernement palestinien, qui ne comptait pas de ministre du tourisme. L’ambassadeur espère qu’elle aura bien lieu. «C’est une initiative importante car pour la première fois au Proche-Orient nous parlons d’espérance et d’initiatives communes».
L’ambassadeur a encore souligné que l’inauguration du nouveau musée, coïncide aussi avec le 40e anniversaire de la Constitution conciliaire Nostra Aetate, condamnant l’antisémitisme et la notion de peuple déicide. Dans cette perspective, le diplomate a tenu à rappeler le rôle majeur de Jean Paul II dans ce dialogue avec le monde juif. Lors de son pèlerinage en Terre Sainte en l’an 2000, le pape avait visité le mémorial de Yad Vashem et avait rendu visite au président de l’Etat d’Israël. «Un acte de reconnaissance de notre souveraineté laïque», selon l’ambassadeur Ben Hur.
L’ambassadeur a enfin évoqué quelques initiatives à venir: en septembre 2005 devrait se dérouler dans les environs de Rome un colloque autour de «la bible source de la vie». L’ambassadeur compte y réunir rabbins et prêtres catholiques afin de poursuivre la réflexion autour des valeurs communes aux chrétiens et aux juifs à partir de la bible. Dans le secteur universitaire, le diplomate a lancé des échanges entre les recteurs d’universités pontificales romaines et de facultés israéliennes. (apic/imedia/hy/pr)



