Le nonce en Israël déplore l’absence de progrès

Israël: L’accord juridico-financier entre le Saint-Siège et Israël est encore loin

Jérusalem/Rome, 25 janvier 2006 (Apic) L’accord juridique et financier entre le Saint-Siège et Israël sur le statut des biens de l’Eglise en «Terre Sainte» est encore loin d’être conclu, a confirmé mercredi à I.Media, partenaire romain de l’Apic, le représentant du Vatican en Israël, Mgr Antonio Franco.

Dans un discours prononcé à huis-clos mardi devant la réunion des oeuvres d’assistance aux Eglises orientales (ROACO), Mgr Franco, nonce apostolique en Israël, a estimé que l’objectif «semble encore bien lointain», malgré la volonté affichée à plusieurs reprises par les autorités israéliennes de «conclure l’accord au plus vite».

Dans son intervention, mardi, le diplomate du Saint-Siège a aussi indiqué qu’une prochaine réunion bilatérale de travail aurait lieu le 29 janvier prochain en Israël.

«Les médias ont souvent parlé, selon des sources israéliennes, de la volonté de conclure l’accord au plus vite», a commenté le diplomate du Saint-Siège lors de la réunion à huis clos, «mais il semble en réalité que cet objectif soit encore bien lointain». Cet accord, a-t-il cependant précisé, a «une importance vitale» pour l’Eglise en Israël.

Depuis le mois de juillet 2004, le Vatican et Israël ont repris des négociations – interrompues pendant 10 ans – en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier concernant les propriétés ecclésiastiques, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique.

Le nonce apostolique en Israël a indiqué que la dernière réunion bilatérale de travail sur le sujet, le 13 décembre 2006, s’était terminée «sans progrès substantiel». La prochaine réunion est programmée pour le 29 janvier, a-t-il encore indiqué, expliquant que la requête du Saint-Siège concernait, entre autres, l’exemption de l’ensemble des taxes pour l’Eglise catholique et ses institutions. Mgr Franco a ainsi relevé que le paiement d’une taxe municipale sur les biens immobiliers récemment instituée pourrait contraindre les institutions catholiques «à se sacrifier et, peut-être, à fermer».

Les promesses du Premier ministre

Lors de sa visite au Vatican, en novembre 2005, le président israélien Moshe Katsav avait promis de faire «un effort important» pour conclure cet accord. Un an plus tard, le 27 novembre 2006, une délégation du ministère israélien des Affaires étrangères avait été reçue au Vatican par le cardinal Tarcisio Bertone, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, pour évoquer la question. Cette réunion visait, selon le nonce, à «débloquer la négociation». Puis, en visite au Vatican le 13 décembre 2006, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, avait officiellement évoqué avec Benoît XVI et les hauts responsables de la Secrétairerie d’Etat «la situation de la communauté catholique en Israël».

Devant les membres de la ROACO, réunis au Vatican du 22 au 24 janvier, Mgr Antonio Franco a également évoqué la récente «guerre au Liban et à Gaza», en juillet dernier, et ses «graves conséquences sur la vie de l’Eglise». Il a ainsi noté la baisse du nombre des pèlerinages «qui touche de manière directe ceux qui en vivent, surtout les chrétiens», mais aussi «l’augmentation de l’insécurité et de la peur» qui touche avant tout «les plus faibles», parmi lesquels les chrétiens. «Même les plus optimistes ne réussissent pas à voir un rayon d’espérance et de progrès sur la voie de la solution des problèmes de fond qui bloquent le chemin de la paix dans la région», a encore estimé le diplomate du Saint-Siège.

Mgr Antonio Franco a été nommé le 21 janvier 2006 nonce apostolique en Israël et à Chypre. Il est également délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine. (apic/imedia/ami/pr)

25 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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