Plus de 500 personnes de 90 pays participent au sommet
Israël: La Conférence internationale juive-chrétienne ouverte (020294)
Jérusalem, 2février(APIC) La conférence internationale entre les juifs et
les chrétiens s’est ouverte mardi soir à Jérusalem. Plus de 500 personnes
de plus de 90 pays y prennent part. Cette rencontre sur le thème du «leadership religieux dans la société sécularisée» est «historique, car elle
réunit des scientifiques et responsables religieux juifs et chrétiens dans
des dimensions inconnues jusqu’à présent», a declaré le rabbin David Rosen,
membre de la commission de dialogue entre catholiques et juifs, lors de
l’ouverture de la conférence.
L’ex-maire de Jérusalem, Teddy Kollek, a souligné que quand on lui avait
prophétisé une telle conférence pour 1994, il n’y avait pas cru. Le Congrès, organisé par le Centre Bamot et l’Institut oecuménique chrétien de
Tantur, durera jusqu’à vendredi.
Le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, a souligné dans
son exposé d’ouverture que face aux grands problèmes d’aujourd’hui, il est
important de donner à ces défis une dimension humaine. Face aux famines et
misères, aux menaces écologiques et aux flux migratoires croissants, il est
impossible d’avoir une solution pour tous les problèmes. Il est plus nécessaire de regarder ces questions avec une compréhension et une affection basées sur la foi. Pour les communautés religieuses, le cardinal a relevé que
le plus important n’est pas de trouver des solutions au manque de prêtres
ou d’argent, mais de rester, malgré ces défis, intérieurement libre pour
pouvoir affronter des tâches plus grandes.
Le président de la Conférence des rabbins européens et grand rabbin
français, René Samuel Sirat, a mis en garde les dirigeants religieux contre
une trop grande influence en politique. Les responsables religieux perdraient pour longtemps leur réputation morale – comme l’orthodoxie à l’époque
de Staline ou la Démocratie chrétienne en Italie -, s’ils étaient trop
étroitement liés avec le pouvoir. L’éducation morale de la jeunesse est,
par contre, très importante. Face au sida, le rabbin Sirat a reproché aux
politiciens de ne propager que la «pauvre réponse du préservatif» au lieu
d’appeler davantage à la fidélité. Il s’est plaint également du manque
d’une négociation décisive dans le conflit en ex-Yougoslavie. Le grand rabbin a demandé: «Quel droit moral avons-nous encore de nous exprimer contre
la violence dans d’autres parties du monde?» Il n’est pas possible, de dire
que l’on n’a rien su du conflit en Bosnie.
La chancellière de l’Université Lakehead au Canada et ex-présidente du
Conseil mondial des Eglises, Lois Wilson, a souligné que l’homme moderne,
malgré la crise des religions, cherche le sens de la vie pour lui-même et
pour la communauté. L’homme ne doit pas être posé comme l’unique point de
référence. Il est nécessaire de respecter au même niveau la terre et les
créatures. L’amour et le respet de chaque être, vivant ou non, est plus important. Lois Wilson a expliqué que l’engagement des religions pour des valeurs morales n’était pas toujours confortable et qu’il pouvait être régardé comme «subversif» par les puissants. Mais c’est exactement pour cela que
les religions ne peuvent pas l’abandonner. (apic/kna/fs)



