Des accusations politiques: favorable à la cause palestinienne
Israël: La Cour suprême rejette la pétition d’invalidation contre le patriarche Irénée Ier
Tel Aviv, 5 mars 2004 (Apic) La Cour suprême israélienne a rejeté vendredi 5 mars la pétition d’invalidation visant le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Irénée Ier. Arguant de ses sympathies «pro palestiniennes» et de prétendues expressions antisémites, les pétitionnaires voulaient empêcher que n’entre en force la reconnaissance donnée en janvier dernier par le gouvernement israélien. Il avait fallu plus de deux ans pour vaincre l’opposition initiale des autorités israéliennes.
Irénée Ier avait été élu par le Synode de l’Eglise orthodoxe le 13 août 2001, malgré les fortes pressions israéliennes. Il avait été finalement reconnu en janvier par les Israéliens comme successeur de son défunt prédécesseur, le patriarche Diodoros Ier. Un comité interministériel israélien, dirigé par le ministre des Affaires étrangères Silvan Shalom, avait recommandé au gouvernement d’entériner enfin cette nomination, approuvée dès le début par la Jordanie et l’Autorité palestinienne, en vertu du «statu quo» datant du XIXe siècle.
Pressions diplomatiques sur Israël
De nombreuses pressions avaient été exercées sur Israël pour respecter le choix du Synode de l’Eglise grecque-orthodoxe. Trois membres du Comité interministériel israélien avaient soutenu l’approbation du patriarche – Silvan Shalom, le ministre de la Justice Yossef «Tommy» Lapid et le ministre Meir Sheetrit. Le ministre Anatoly «Nathan» Chtcharansky, un ancien «refuznik» russe, ainsi que le ministre Zevulun Orlev, s’étaient opposés à la reconnaissance d’Irénée Ier.
Dans son arrêt, le juge Dorit Beinisch relève que le gouvernement israélien aurait dû examiner les graves accusations portées contre le patriarche. Les opposants allèguent qu’Irénée Ier était impliqué dans des activités criminelles et avait fait des commentaires «anti-sémites», rapporte vendredi le quotidien israélien «Ha’aretz». Intervenant dans les affaires internes de l’Eglise grecque-orthodoxe, en violation de la liberté religieuse et des accords internationaux, les pétitionnaires en voulaient également au patriarche de Jérusalem en raison de son soutien privé et public à la cause palestinienne et de ses liens avec l’Autorité palestinienne.
Aucune justification
La Cour suprême israélienne n’a trouvé «aucune justification pour interférer dans la décision» du gouvernement. Israël est en conflit avec le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem pour le contrôle des importantes propriétés immobilières que l’Eglise n’a pas l’intention de céder.
Le Congrès américain avait fait pression sur Israël pour qu’il donne son agrément, comme l’avaient fait immédiatement après l’élection l’Autorité Palestinienne et la Jordanie, autres parties prenantes à la règle qui prévoit l’accord des gouvernements concernés. D’après des sources officielles, le gouvernement israélien a été soumis à des pressions diplomatiques répétées de la part de la Grèce – d’où est originaire le patriarche grec-orthodoxe – afin qu’il approuve l’élection d’Irénée Ier.
Selon une tradition remontant à plusieurs siècles, la nomination d’un nouveau patriarche grec doit être confirmée par ceux qui régissent la Terre sainte, dans ce cas Israël , l’Autorité palestinienne et la Jordanie. En tant que chef de l’Eglise grecque-orthodoxe, considérée comme la plus riche institution ecclésiale de Terre Sainte, le patriarche Irénée est responsable des titres de propriété sur certains zones importantes, entre autres les terrains sur lesquels se trouvent la Knesset (parlement israélien) et les résidences officielles du premier ministre et du président, à Jérusalem. (apic/eni/haar/be)



